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MAI FAIT OU DEFAIT - ET L'OBSCURITE FUT - MAURIZIO DE GIOVANNI

Publié le par Bob

MAI FAIT OU DEFAIT - ET L'OBSCURITE FUT - MAURIZIO DE GIOVANNI

Introduction* : « Mai fait ou défait, faits et méfaits... »

Naples. Dodo, l'enfant do, dormira pas trop. Le pauvre petiot a disparu, kidnappé lors d'une visite scolaire. Sa mère et son père sont effondrés. Mais le papy de Dodo Borelli est très riche. Et les relations entre papa et maman sont compliquées. Le commissariat de Pizzofalcone est en ébullition. Ils ont aussi à traiter un cambriolage qui ne semble pas trop clair. Démarrent ainsi deux enquêtes complexes – existe-t-il un lien ? L'équipe de flics ne peut pas se permettre d'échouer alors qu'on les surnomme les « Salauds de Pizzofalcone ».

Troisième roman de la « Série Lojacono » - après La méthode du crocodile et La collectionneuse de boule de neige - je prends le train en marche pour Naples. Un commissariat c'est une grande famille. Celle que met en scène l'auteur a connu des fortunes diverses. Une partie de ses éléments a été virée pour de sales affaires, un trafic d'héroïne. Ceux qui sont toujours présents ont évité le couperet mais la réputation, hein !, ... vous savez c'que c'est. Forcément, par effet réflexe, les liens se resserrent, les coudes se serrent et tous regardent dans la même direction : retrouver le gamin avant qu'il ne soit trop tard. Cependant, les affects de certains sont franchement perturbés. L'auteur s'y attarde longuement. Ainsi, en brossant leurs portraits, il nous les rend plus attachants, plus proches. Mais, poser le flingue ne fait pas disparaître la pression liée au boulot et non plus les tourments intimes.

Deux enquêtes classiques en simultané vont finir par être rattachée en recoupant les indices – le préciser n'est pas spolier tant cela semble évident – cela en l'espace de quelques jours. L'auteur crée la tension avec cette famille du gamin séquestré pas très nette, des flics qui tournent en rond, Palma, le patron, qui ne veut pas être dessaisi de l'affaire et Naples ankylosé en ce (pas) joli mois de Mai. A cela s'ajoute ce cambriolage chez un notable plutôt véreux.

Bobards, micmacs et belles saloperies sont au programme de ce roman policier où De Giovanni nous prouve que les êtres humains ont des capacités inouïes pour tendre vers le mal. L'environnement napolitain n'est pas le moindre des privilèges, une assise confortable. Mais, dans cet univers d'enquêteurs déterminés et non dépourvus de failles, l'auteur parvient à laisser transpirer une réelle humanité avec de plus quelques pointes de dérision. On pense à Aragona, le flic toujours bien sapé et qui a une haute estime de sa personne, qui déraisonne à satiété – ce qui énerve au plus haut point ses collègues – mais qui n'en garde pas moins un flair inné qui va se révéler fructueux. Lojacono restera un personnage en demi-teinte et la conclusion nous condamne à une appréhension morbide.

Dans Et l'obscurité fut De Giovanni opte pour un style efficace et sans chichis qui fait la part belle à son équipe de policiers – c'est une série – et à sa ville. Si l'intrigue n'est pas innovante on progresse sans faiblir dans une ambiance soutenue. Qui veut s'enticher de ce commissariat napolitain en ébullition ?

Mention : Série à lire chronologiquement. C'est mieux souvent/toujours...

*Penny est mon assistante et amie. Elle intervient en introduction de mes chroniques.

« Et l'obscurité fut », Editions Fleuve Noir, Trad. de l'italien par Jean-Luc Defromont, Série Lojacono, parution 14/06/2016, 352 pages.

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