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QUI ETAIS-TU ? - INFLAMMATION - ERIC MANEVAL

Publié le par Bob

Introduction* : « Un peu étonné qu’un mari soit aussi peu curieux du passé de sa partenaire. »

Jean Mourrat est bouleversé. Liz, son épouse, est introuvable. Elle a disparu dans la montée des eaux causée par un violent orage. Pourquoi est-elle partie aussi rapidement dans la tourmente ? Liz a laissé un message inquiétant à son mari après son départ. Commence ainsi une période de doutes et de questionnements. Alors que leur vie de famille ronronnait paisiblement, il semble que Jean est passé à côté de quelque chose. Ce qu’il va découvrir dépasse son entendement.

Il dépasse son entendement et celui du lecteur car, si la mise en situation introductive fait grimper le taux de bile - que l’on se fait - dans ce cadre intime malmené, la deuxième partie du récit visite des parages plutôt dignes des romans de terreur - fictions populaires. On est assez proche du thème du savant fou - de ses expériences - qui sera sont propre cobaye sauf qu’ils sont deux et qu’ils ne sont pas fous. Le récit navigue aussi dans un ésotérisme discret alors que quelques scènes s’apparentent aux romans d’espionnage où une « Firme » entre en scène. L’auteur a vu grand dans un texte aussi concis. L’intrigue n’avait-elle pas suffisamment de matière ?

Surpris nous sommes mais également emportés dans ces eaux troubles qui charrient des êtres châtiés. Et comment ne pas s’attacher à la détresse de ce pauvre bougre qui rame comme un beau diable, qui surnage sur ces ondes malsaines qui ont englouties son épouse. Quand l’intrigue dénoue peu à peu ses fils Jean est ébahi d’être resté dans une totale ignorance - les révélations du secret de Liz, de la situation de son ex-mari, de l’identité de ses locataires (du Révérend) vont éclaircir un ténébreux tableau. Son profond amour lui interdit d’envisager le mensonge par omission qui serait une forme de trahison. C’est cette dissimulation (contrainte ?) qu’il n’a pas su voir qui le ramène à sa naïveté. 

Eric Maneval aborde la relation de couple - son intimité, la confiance et ses parts d’ombre. Confronté à tous ces obstacles le courage de Jean, le narrateur, est exemplaire. C’est certainement la force de ce roman qui pointe également du doigt les dessous de l’industrie pharmaceutique (ses expérimentations, ses excès, ses profits, son pouvoir).

L’auteur a su donner du corps à ce récit grâce à l’utilisation de la première personne qu’il manie avec justesse et pour lequel il y insuffle un bon rythme après une longue attente angoissante. Inflammation, roman noir qui nous a à la fois séduit et troublé.

Mention : Cobaye humain, voila une profession en devenir.

*Penny est mon assistante et amie. Elle intervient en introduction de mes chroniques.

« Inflammation » Eric Maneval, éditions La Manufacture de Livres, collection Territori, parution : 25/01/2016, 182 pages.

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