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LE RABBIN QUI RAPINE

Publié le par Bob

LE RABBIN QUI RAPINE

Introduction* : « La femme d'un tueur à gages doit bien rigoler quand elle annonce en blaguant à sa nouvelle amie que son mari tue le temps comme il peut. »

Chicago. Las Vegas. Avril 1998 à mars 1999. L'agent du FBI Jeff Hopper a foiré. Trois de ses gars et un indic ont été flingués par Sal Cupertine, le tueur à gages de La Famille. Un peu plus tard son corps est retrouvé au milieu de poubelles. Lui aussi a foiré, le contrat n'a pas été respecté. Et Sal devient le Rabbin David Cohen par l'opération du Saint-Bistouri après avoir été exfiltré vers Vegas. Mais Jeff, associé à Matthew - tous deux mis au rencard par leur patron – , se persuade qu'il n'est pas mort. Ils vont partir à sa recherche.

Gangsterland publié en 2014 aux États-Unis est proposé en traduction française en ce mois de mai 2016 par les Editions Super8. Gangsterland ? Il y a donc fort à parier que la mafia est dans les rangs. Et elle porte un doux nom à Chicago, La Famille, probablement protectrice et solidaire. En effet, elle protège... surtout ses avoirs et si elle tend la main à l'un de ses membres en difficulté celui-ci peut parfois se poser des questions quant à son avenir. Sal Cupertine en est à ce stade là de sa réflexion lorsqu'il apprend que sa trace a été repérée alors qu'il a été envoyé loin de sa base quittant femme et enfant. Nous suivons ainsi d'une part le parcours de Sal dans son nouvel univers où il est désormais le rabbin David Cohen qui officie dans une synagogue et d'autre part la quête de cet ancien du FBI qui souhaite réparer sa faute.

Le regard que porte l'auteur sur la mafia et en parallèle sur le FBI est intéressant. On constate que le responsable du service de renseignement a vite fait de lâcher l'un de ses membres alors qu'il commet un acte inconsidéré. Ce n'est pas le cas, de prime abord, avec le caïd qui va mettre tout en œuvre pour couvrir l'un de ses hommes mais on comprendra au fil du récit que la vérité est ailleurs. Finalement, que ce soit dans l'une ou l'autre entité, l’erreur est fatale. Ils jouent tous sur le fil rasoir. Cependant, le récit repose surtout sur la nouvelle situation de David qui doit passer de l'extrême discrétion – pour un tueur à gages c'est plutôt conseillé – à une exposition permanente en tant que rabbin. La menace approche, elle vient de Chicago...

Si la religion n'est pas directement mise en cause, ce sont les hommes qui gravitent autour et dans cette synagogue - avec une école, un cimetière et qui doit devenir un immense complexe financé par un patron de bar à putes, marié à la fille d'un rabbin et lié à la mafia - qui sont montrés du doigt. Le commerce qui s'y pratique n'est pas trop catholique, ni orthodoxe, ni juif. En définitive, personne ne sait vraiment qui sera la future victime, qui tire les ficelles. Les manigances malsaines n'ont d'égal que la férocité des actes. Dans ce jeu de fourbes celui qui pense rafler la mise est peut-être celui qui va trépasser. A qui profite le crime ?

Avec sa plume leste et efficace Tod Goldberg saupoudre une petite dose d'humour qui donne au récit une saveur particulière. Gangsterland nous offre une vision répugnante d'un système prêt à toutes les bassesses pour engranger des profits.

Mention : Mais jusqu'où s'arrêteront-ils ?

*Penny est mon assistante et amie. Elle intervient en introduction de mes chroniques.

« Gangsterland »; Super8 Editions ; Traduit de l'anglais (États-Unis) par Pierre Zigor ; Date de parution : 4 mai 2016 ; 532 pages.

Né en 1971 à Berkeley (Californie), Tod Goldberg est l'auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles. S Gangsterland est son premier ouvrage traduit en français.

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