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BAGDAD, LA GRANDE EVASION - SAAD Z. HOSSAIN

Publié le par Bob

LA GRANDE VADROUILLE IRAKIENNE

Introduction* : « En congés. »

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’on ne s’attendait pas, malgré le concert de louanges, à ce que ce texte nous transporte sur ce terrain miné qui abrite une panoplie de personnages aussi extravagants qu’intrigants. L’on n’espérait pas rire de bon coeur. L’on n’imaginait pas découvrir une plume aussi alerte. L’on ne pensait pas être disposé - pour ne pas dire apte - à nous fondre dans ce grouillement guerrier où les multiples factions se disputent le territoire. L’on ne projetait pas de tenter de décoder les tenants et les aboutissants - par exemple le schisme de l’islam chiite ismaélien. Enfin (ouf !) l’on ne prévoyait pas que l’on accepterait l’introduction de l’ésotérisme dans ce récit. L’auteur a savamment - par magie ? - réussi son pari. Celui d’harmoniser l’inconciliable.

 

Ainsi, c’est en suivant dans ses périgrinations un surprenant trio composé d’un américain, d’un professeur et d’un tortionnaire, qui navigue au cœur d’un grand déballage belliqueux, que nous abordons une aventure où mystère et conspiration vont orienter l’intrigue à la lisière des connaissances sacrées. Si leur grande vadrouille - quête d’un soi-disant trésor - s’effectue sous diverses menaces le ton n’en est pas moins badin avec certaines répliques et situations qui ont le mérite d’habilement tempérer la violence latente. Chaque personnage qui est mis en scène va apporter son lot de surprises - enseignements, embûches ou découvertes. On retiendra ce gardien de bibliothèque abandonné entre ses murs d’ouvrages comme un ascète dans sa grotte.

 

L’auteur parvient à faire ressurgir les (nombreux) démons de l’Histoire de ce pays avec ce récit qui pourrait s’avérer abracadantesque sans sa patte. Car si un souffle malin flotte sur ce récit il déverse également des effluves espiègles. Comme les personnages principaux qui sont assaillis de toute part et semblent pourtant exprimer une certaine liberté et une évidente indépendance, nous parvenons à déméler l’écheveau et adhérons avec un contentement certain à cette drôle d’histoire qui se bonifie par sa singularité. Ainsi Bagdad, la grande évasion ! contraste avec la production actuelle et ce n’est pas pour nous déplaire. 

 

Mention : Belle découverte des éditions Agullo !

*Penny est mon assistante et amie. Elle intervient en introduction de mes chroniques.

 

« Bagdad, la grande évasion ! », Saad Z. Hossain, éditions Agullo, traduit de l'anglais (Bangladesh) par Jean-François Le Ruyet, parution : 13 avril 2017, 384 pages.

 

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