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LE CAP DE MAUVAISE ESPERANCE

Publié le par Bob

LE CAP DE MAUVAISE ESPERANCE

Introduction : Penny est remontée. « Non mais ils sont cons ou quoi ? Des cornes de rhinocéros... Et pourquoi pas des cornes de gazelle aussi ! » En disant cela, elle balance sur sa sono le tube de Johnny Clegg et se met à imiter la danse du zoulou blanc. Et là, tu vois, j'ai commencé à flipper.

Le Cap. Le fils de Jacob Mkezi, l'ex directeur national de la police, a fait une grosse bêtise. Il faut absolument gérer l'affaire. C'est l'avocate Vicky Kahn qui va embringuer son fiancé Fish Pescado, détective privé, dans une enquête craignos entre deux sorties sur sa planche de surf avec son pote. Il est également question d'un trafic de cornes de rhinocéros avec des bonhommes vraiment pas clairs. L'Af'Sud c'est toujours l'enfer.

Les sud-africains sont tous marqués par cette violence dont ils ont hérité et qui plane encore et toujours sur leur tête comme un oiseau de malheur. Ainsi on appréhende dans ce roman très noir le martyre et la destinée de cette nation arc-en-ciel que l'auteur aborde avec pragmatisme. Et c'est en reliant les exactions du passé – Unité de liquidation, spécialisée dans les règlements de compte - par interaction avec des événements du présent qu'il assoit sa perception qui se veut pessimiste.

Ce récit est parfaitement rythmé par une enquête que va mener Fish Pescado avec les moyens du bord. Bon, son truc à lui c'est le surf. Sa drogue, son trip. Il est capable de tout lâcher pour se taper quelques vaguelettes ridicules ou accessoirement sa belle Vicky. Tu vois le genre. Fauché, il galère et glandouille paisiblement et parvient même à ne pas faire le petit boulot que sa mère lui refile. Mais ce coup-ci, alors que Vicky le supplie d'abandonner, ce con-là persiste pour que justice soit faite. Ils vont se retrouver dans les griffes de Velaze, bras droit et homme à tout faire et défaire de Mkezi. Ce dernier à tout connu du processus de répression des gouvernements précédents, se permettant même d'accomplir sa besogne dans les deux camps. Et c'est avec un art consommé qu'il s'applique désormais à mettre en œuvre la corruption et les micmacs – notamment un trafic de cornes de rhinocéros- en tout genre. Fish et Vicky ne seront pas les seuls à subir cette violence, ces coups bas puisque dès que tu gènes, tu meurs. Ceux qui ont commis le pire pourrait bien devenir les cibles...

« Du sang sur l'arc-en-ciel » n'est pas seulement un roman avec un dispositif de mise sous tension par l'action déployée mais surtout par cette sale réalité qui tâche développée par l'auteur. Mike Nicol ne force pas le trait, la couleur locale de sa nation arc-en-ciel est bien sombre, froide. Cette violence manifeste qu'il nous décrit est prégnante et la source du sang répandu semble ne pas être tarie. J'espère pouvoir découvrir bientôt les deux volets de sa trilogie...

Mention : Mike Nicol décrit le spectacle effarant de ce concours de « Miss Champ de Mines » en Angola auquel assiste Mkezi et nous propose un lien à la fin du roman ( http://miss-landmine.org/misslandmine_news.html)

« Du sang sur l'arc-en-ciel », Editions Seuil, Collection : Policiers, Traduit par Jean Esch, Date de parution 19/03/2015 , 496 pages.

Né en 1951, Mike Nicol vit au Cap. Journaliste, éditeur, auteur anglophone de romans non policiers traduits au Seuil dans les années 1990, il s'est tourné ensuite avec bonheur vers le polar dur. Killer Country, deuxième titre de sa trilogie « Revenge », a été publié en septembre par Ombres noires. De l'avis de tous, dont Deon Meyer, il est le digne dauphin de ce dernier sur un territoire en constante expansion : le polar sud-africain.

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