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LE DIABLE N'EST PAS MORT A DACHAU - MAURICE GOUIRAN

Publié le par Bob

CONVOITISE ET PERVERSION

Introduction* : « En congés. »

 

Allez savoir pourquoi nous n’avions pas encore frappé à la porte de cet auteur pourtant prolifique - 27 romans à son actif. Car Maurice Gouiran nous confirme, avec ce puissant roman, sa maturité littéraire. Quel que soit le sujet abordé force est de constater la somme de travail de fond réalisé et surtout son habile utilisation. En effet, la tâche semblait ardue. Comment ne pas se prendre les pieds dans le tapis lorsque l’on invite à la même table des thèmes aussi lointains que sont les expérimentations médicales, le projet Arpanet, le mouvement hippie, l’espionnage industriel, la ruralité. Risque d’étouffement par excès d’ingestion ? Que nenni ! Ce récit d’un peu plus de 200 pages, aussi dense et noir qu’il soit, n’en est pas moins limpide.

 

Nous sommes en 1967. Il vit aux States, c’est un chercheur en mathématiques, il ne se refuse pas quelques buvards de temps à autre et il débarque sans envie dans le bled paumé de son enfance. Maman vient de passer l’arme à gauche et, alors que l’on peut supposer que l’évènement le plus important de la décenie fut l’absence du curé pour l’office de Noël, une famille américaine a été liquidée. Henri, qui s’ennuie et ne peut créer le lien avec son père qui semble le rejeter, va s’intéresser à l’affaire avec le soutien du journaleux du coin. Ainsi, il va mettre les mains là ou d’autres ne mettraient pas les pieds et ses découvertes vont le conduire dans les méandres les plus secrets de l’Histoire.

 

Cela dit, on pourrait se sentir happé par un thriller pur et dur où le matériau n’est qu’un support, une aire de lancement pour la fusée Pathos. Point du tout. L’auteur n’en fait pas des tonnes. Son style parfois piquant, non stéréotypé mais surtout posément affirmé n’occulte pas l’âpreté de son propos car il est toujours en résonance avec le réel. Jamais la fiction ne spolie ce dernier, elle en est l’instrument interprétatif - Umberto Eco en parle mieux que nous. Ainsi la quête du personnage principal nous ouvre des portes, que l’on n’a peut-être pas su ouvrir, qui mènent dans l’antre du mal, les manœuvres souterraines. De plus l’auteur parvient à nous imprégner de ce terroir qui abritait, et abrite toujours, quelques échantillons de la fratrie des taiseux.

 

Le diable n’est pas mort à Dachau s’affiche comme un roman résolument noir, le noir de la folie des hommes - de leur convoitise et de leur perversion.

 

Mention : Ah, ah, ah, la fusée Pathos !

*Penny est mon assistante et amie. Elle intervient en introduction de mes chroniques.

 

« Le diable n’est pas mort à Dachau », Maurice Gouiran, éditions Jigal, parution : 18 mai 2017, 216 pages.

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