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AU BONHEUR DES DAMES

Publié le par Bob

AU BONHEUR DES DAMES

Introduction : Penny s’est bien marrée : « Des bigoudis, ah, ah, ah, je ne peux plus en mettre, j’ai la coupe garçonne comme Lisbeth Salander ! »

Jimmy Lafleur est coiffeur pour dames d’un certain âge et propriétaire de l’immeuble. Des promoteurs rôdent puis il est agressé dans le sous-sol. Ensuite, ça s’emballe. Y’a des morts à l’étage, des squelettes dans le sous-sol et Jimmy va apprendre une sacrée nouvelle de la part de sa tendre épouse.

Le bouquin est court, un petit format de 160 pages. Autant dire que ça se lit vite tant l’auteur ne passe pas par quatre chemins pour faire circuler ses personnages de la cave au salon et du salon aux étages. L’action se déroule dans l’immeuble de Jimmy où logent de drôles de spécimens. Une mamie et ses mygales, deux amies un tantinet soixante-huitardes qui fument des « cigarettes d’Amsterdam », Gégé le lion, vendeur de Peuge’, M. Follet, ex-CRS surnommé le Colonel, toutes ces dames du salon qui papotent, papotent et notre Jimmy Lafleur qui s’exprime en québécois et laisse coites ses pimpantes permanentées. Les seuls personnages étrangers sont les rapaces qui veulent s’emparer de la bâtisse pour se faire du blé.

C’est une bluette, une récréation que nous propose l’auteur – c’est, semble-t-il, son credo – qui s’amuse à mettre en scène Dari Valko, son héros, dans un cadre restreint et avec un ton qui pourrait rappeler le roman de gare poilant. De vannes en vannes, les situations rocambolesques défilent et l’auteur interpelle le lecteur. Ça fonctionne pas trop mal mais on reste un peu sur notre faim tant l’ensemble demeure trop minimaliste pour le lecteur assidu. L’intrigue est mince avec des cabrioles théâtralisées et le portrait de ces personnages pittoresques rattrape un peu l’affaire. Bien sûr, « Opération Bigoudis » peut séduire par sa désinvolture et ses nombreux débordements cocasses mais l’humour est délicat à manier, on peut très vite se lasser ou a contrario se faire péter le bide – on appelle ça une éventration drolatique. Je suis resté intact au niveau abdominal et me suis gentiment diverti. En supposant que telle était l’intention de l’auteur, il a réussi son coup sinon c'est que je n'ai pas mordu à son hameçon. Dari Valko a plusieurs affaires à son actif aux Editions (tendrement baptisées) Létales.

Mention : J’aime bien la couv’.

« Opération Bigoudis », Les Editions Létales, parution juin 2015, 161 pages.

Banlieusard né au début des années 80, Ben Orton est un artisan du polar urbain à la première personne. Il vous emmène à travers son héros Dari Valko, un garde du corps grande gueule au grand cœur, à la découverte d'un univers contemporain féroce et drôle.

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