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SUR LA ROUTE PROCHE ROULAIT L’OUBLI

Publié le par Bob

SUR LA ROUTE PROCHE ROULAIT L’OUBLI

Introduction : Penny est en colère : « Ma peine est profonde pour ses pauvres nanas. Pour tous ces enfoirés de mecs elle doit être capitale. »

Mexique. Culiacán. Le flic Edgar Mendieta dit Zurdo a le moral dans les chaussettes, il parle au chien de son voisin, c’est dire. Quand il apprend que Mayra Cabral de Melo a été assassinée il prend une énorme baffe. Il était très proche de la danseuse de l’Alexa. Mais il n’était pas le seul. Alors que les narcos s’agitent et malgré l’avis de son chef, il va se lancer à la recherche du coupable.

Avec ce récit riche en personnages nous assistons à un véritable cortège - des putes, leurs familles ou leurs ami(e)s, leurs clients, des pontes, des trafiquants, des flics, le père du Président, des barges - une nana qui veut tuer son père qui collectionne les guitares défoncées de stars de la scène rock, un mec qui répète à l’envi « J’avais une maisonnette et j’ai laissé entrer la belette » - et Zurdo qui soliloque « Je parie que je mourrai avant Mick Jagger ». Il faut un peu s’accrocher pour rassembler les fils de cette pelote grouillante. Si ça fourmille autant c’est que l’agitation est causée par l’action du gouvernement qui a décidé de faire le ménage chez les narcos. Et puis il y a ces meurtres –Mayra, sa copine puis un gringo -, Mendieta cherche le lien et ne les laissera pas impunis. Assassinée et le mamelon coupé. Tout comme Anita Roy. Il ne peut supporter le supplice subit par Mayra, celle dont il était (est toujours) dingue amoureux. Elle était la plus belle cette brésilienne, la plus convoitée par les friqués et était dotée d'une subtile culture. La liste des prétendants est longue, Zurdo tournicote dans le milieu, de nuit, de jour et s’accroche à chaque infime indice. Au même moment, « le père du Président du plus puissant pays au monde » cultive sa passion pour la chasse et échappe de peu à un attentat commis par des activistes américains militant en faveur des migrants, les narcotrafiquants narco-trafiquent, les élites festoient et les femmes sont des objets jetables. « Sur la route proche roulait l’oubli. » Le sexe et la mort sont au centre de ce roman qui sont forcément liés au Pouvoir et à ses corollaires car « … un type qui possède tout est prêt à tout. » Les voisins US sont mêlés à cette histoire, tiens donc... Le Mur n'est donc pas infranchissable pour tout le monde.

Petit détail à préciser puisque l’auteur a choisi de ne pas marquer les dialogues avec des guillemets. Ils sont noyés dans la narration. Au début tu pestes en postillonnant de l’acide sur les pages mises à rude épreuve puis, une fois le procédé maîtrisé, tu acceptes et découvres que ça donne un sacré putain de rythme au récit. Donc, aucun temps mort, une violence endémique et une tension permanente - avec quelques passages doux et intimes - secouent le lecteur et font de « L'épreuve de l'acide » un roman qui tranche dans le vif et étale les viscères de cette société mexicaine pourrie jusqu'à l'os. Mendoza a su créer une atmosphère délétère en confrontant des personnages – les différentes rencontres de Mendieta sont tout à la fois brutales, démentes ou savoureuses - qui nous semblent atypiques puisqu'ils naviguent dans un environnement si éloignés du nôtre. L'univers de Mendoza ne peut laisser indifférent. Moi, j'ai adhéré... ben ouais quoi, j'étais scotché.

Mention : Rappelons que le Jour des Morts au Mexique est représenté symboliquement par des calaveras (têtes de morts).

« L’épreuve de l’acide », Métailié Noir, parution Avril 2014, traduit de l’espagnol (Mexique) par René Solis, 228 pages.

Élmer Mendoza est né en 1949 à Culiacán (Mexique). La première enquête de Mendieta, Balles d’argent, a été publiée dans la Série Noire.

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The Cannibal Lecteur 09/11/2015 20:55

Hello Bob ^^

"J’avais une maisonnette et j’ai laissé entrer la belette", grave erreur, parce que la Belette, c'est moi, et quand on m'ouvre la porte, ça fait des dégâts :D

Je sais pas si je vais le noter, je vais plutôt aller voir ton dépucelage radical parce que je dois lire aussi "monstres à l'état pur" ;)

Belette - Cannibal Lecteur

Bob 10/11/2015 23:14

Salut Belette !

On peut si perdre un peu dans ce roman qui a le mérite de dénoncer des trucs pas trop propres avec un style vraiment "différent" mais j'ai réussi à tenir le coup.

Sinon, mon titre "dépucelage radical" a attiré des adeptes de la recherche sur google. Il faut pas grand chose pour faire monter le taux de visites. ;)

Merci de ton passage !