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Articles avec #polar pashtoune tag

NID DE VIPERES - NUIT SANS LUNE AU WAZIRISTAN - S MAUSOOF

Publié le par Bob

Introduction* : « J’ai honte d’avouer que j’ai dû compulser la page Wiki pour mieux percevoir les enjeux. Connaissant Bob comme le fond de mon sac à main et pour éviter qu’il fasse le malin, je précise qu’il a fait de même. »

Karachi. Qais, veuf et expert en assurance, accepte une mission périlleuse qui doit le conduire au Waziristan. Il ne peut refuser cette offre de la part de son amie Sonia, pour laquelle il a un penchant, et pour renflouer sa caisse. Il devra convaincre Malik Awan d’accepter l’indemnisation pour son entrepôt sinistré. C’est une affaire de gros sous. Mais dans cette région tribale il va rencontrer de graves difficultés.

Waziristan ? Non ce n’est pas un pays imaginaire. Et ce n’est pas un pays, c’est une région pakistanaise qui borde au nord-ouest la frontière Afghane. Sayyid Qais, le narrateur, sait qu’il s’engage dans une situation à haut risque - la carte proposée en début de roman nous permet de visualiser son parcours. C’est un homme mûr plutôt bon vivant, plutôt fauché et déterminé à aider sa fille dans son parcours scolaire qui va accueillir cette affaire comme une aubaine. Malgré ses relations amicales - ou ses anciennes connaissances- et sa vénérable ascendance il va se fourrer dans un sacré guêpier. Et le lecteur de sillonner, par les bons soins descriptifs de l’auteur, un pays qu’il ne connaît que par le petit bout de la lorgnette - « la planque d’Oussama », le vivier des intégristes - en admettant qu’il n’ait pas creusé la question. Le Waziristan peuplé de Pashtounes est un nid de vipères - armée pakistanaise, chefs claniques, talibans, rebelles afghans et Al-Qaïda. Qais ne mesurait pas l’ampleur du danger.

« Dès que Sonia sortit de son bureau, de nombreux muezzins entamèrent l’appel à la prière d’Asr. Le Hala ala salat (Accourez à la prière) à bout de force sombrait dans la crête du Haya ala falah (Accourez au salut). Si seulement les mollahs pakistanais acceptaient d’harmoniser leurs chants mélodieux ! Mais les gens de ce pays étaient incapables de s’accorder sur quoi que ce soit, à moins que cela concerne le cricket, le Cachemire ou la bombe. »

L’expédition du narrateur va être perturbée par de nombreux contrecoups. L’action est ainsi quasi permanente et malgré sa témérité - son inconscience ? - Qais ne pourra éviter tous les obstacles. La violence tout d’abord latente s’est désormais installée. Elle peut s’avérer bestiale - le poids d’un trop long conflit qui exacerbe les tensions, qui aiguise l’agressivité des combattants. Qais est désormais seul, sans soutien. Une timide lueur va naître. Elle se nomme Bilqees.

Hormis cette réelle et évidente attirance pour la lecture d’un récit qui se déroule dans une contrée si peu visitée, c’est la maîtrise et l’habileté de l’auteur qui s’exprime dans Nuit sans lune au Waziristan. Bien sûr, le cadre semble parfaitement défini - au vu de nos étroites connaissances sur le pays - mais ce sont les personnages qui crèvent l’écran. Du bouillonnement naît le trouble puis la frayeur. Quand tout peut basculer d’un moment à l’autre, quand l’aridité des lieux fusionne avec la détermination des êtres. Du terreau fertile de la révolte fleurit des armes, de la haine et des morts. Si, stupidement, tu réserves un voyage low cost all inclusive pour le Waziristan n’oublie pas de contacter Qais, il a des bons plans à te proposer. Vas-y !!

Mention : Je te revaudrai ça Penny !

*Penny est mon assistante et amie. Elle intervient en introduction de mes chroniques.

« Nuit sans lune au Waziristan » S. Mausoof, éditions de l’Aube, traduit de l’anglais (Pakistan) par Benoîte Dauvergne, parution : 02/03/2017, 320 pages.

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