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Articles avec #polar du plat pays tag

LOCKED-IN SYNDROME WITH DAEMONS

Publié le par Bob

LOCKED-IN SYNDROME WITH DAEMONS

Tu dois te dire (ou pas) en me lisant que “le Bob Polar avec son écriture un peu à l’arrache, il va se taper le cul par terre avec ce bouquin.” Je suis au regret de te balancer un secret. Chuuut ! Je suis fan de Marcel Amont, je me dandine sur Claude François et je pars en vrille avec Tombe la neige d’Adamo. Et j’ai revisionné tous les shows de l’immense Guy Lux (tu sais, c’est celui qui tripotait Simone.) Si tu me crois, je t’aime déjà. En 67, j’avais une coupe au bol et un blouson en skaï ridicule. Lol ! Et c’est au cours de cette même année que Back up prend son sauvage envol.

Le groupe de rock Pearl Harbor perd tous ses musicos. L’un après l’autre. Ils venaient d’enregistrer leur premier morceau avec un batteur qui avait été chopé au dernier moment pour remplacer le titulaire. Ceci serait-il la cause de cela ? En 2010, un vieux se retrouve à l’hosto, renversé sur la voie publique. Pas d’identité, peut pas bouger et semble avoir dit son dernier mot. Celui-ci serait-il celui-là ?

Back up, je l’ai lu entre deux apéros et quatre baignades. Et pas une tache de jaune ou quelques grains de sable. Les pages ont défilé trop vite. C’est un signe. Bon ou mauvais ? Attends un peu, j’y viens. J’ai pas été paumé car la structure du bouquin est composée de trois parties bien distinctes qui jouent à la pousse-toi d’là que je m’y mette. Avec l’enquête en 67 d’un côté, le narrateur musico-fugitif de l’autre et la rééducation du grabataire. Commençons par le journaliste Stern qui s’accapare cette investigation, persuadé qu’il est qu’il tient là un sacré scoop, que dis-je, une bombe à retardement. Bon, je n’ai pas grand chose à en dire si ce n’est qu’elle va apporter de l’eau à ton moulin (ça va te faire du bien après toutes les substances que tu vas te taper en cours de lecture). Au tour du narrateur (Eh, il est belge !) - qui n’est autre que le batteur en back up (un mec qui va faire une pige dans un groupe avec son biniou sur l’épaule, un mulet quoi) - qui va t’embarquer dans ses bourlingues tapantes et trébuchantes dans une Europe surchauffée. Et puis y’a le tout vieux, qu’en finit pas d’finir, et qu’il attend d’crever, vu qu’c’est lui qu’a tout vu. C’est X Midi, atteint du Locked-in Syndrome (pas de mouvement, pas de parole). Dominique, son kiné, va tout faire pour le sortir de cet état lamentable.

Ah, les Sixties ! Le gros merdier pour les vioques, le panard pour les pubères. Pas de capotes, des nouveaux trucs sur le marché pour le trip (buvards, champis, cachetons, ... Pour les nostalgiques : http://www.tuxboard.com/kit-didentification-des-drogues-des-annees-60/ ) et le tempo binaire - tchac boum, tchac boum - du Rock’n’roll roll. Finis les roucoulades, le blues. L’opéra ? Mon cul ! Tout ce beau monde s’en empare et ça part en vrille dans tous les sens. Comme quand le narrateur va se retrouver chez ce jeune héritier plein de thunes qui se défonce et accueille dans sa grande maison avec une cave pour les musicos tous les branleurs, révoltés, profiteurs et j’en passe en quête de zique, de cul et de pharmacie C’est ce que l’auteur va te balancer en pleine tronche. Bon, tu peux lire aussi l’“Histoire du Rock and Roll pour les Nullards” mais y’a pas de batteur belge, pas de mec allongé sur un plumard qui commence à faire des signes et pas de tenace reporter... Je disais, on est en plein dans le grand chambardement. Paris, Londres, Berlin. Les Chats sauvages, les Stones, les Beatles, les Who (choisis ton camp camarade). Y’a le Vietnam ; Cuba ; Prague et son printemps ; la Chine qui, à l’arrivée des nippons, s’était soulevée un peu plus tôt pour enfin faire sa révolution. Bref, ça conteste rude. Malheureusement ce n'est que très partiellement énoncé. Car Back up est une plongée, waouh !, dans cet océan d’exaltation, d’imagination, de révolte musicales. Les fantasmes sont mis en application, place à l’acte. Avec le Rock’n’roll Roll ! Tu te vois, toi, minuscule batteur pedzouille terré dans ta cave, te mettre à frapper ton tempo avec Clapton ? Colize l’a fait pour toi. Le narrateur le fait. Le cœur de l’intrigue ? Bien sûr, c’est ce complot qui vise ce mouvement musical.

Paul Colize a, c’est indéniable, tapé dans le mille pour exciter les nostalgiques ou les merdeux qui ont bossé tout l’été chez McDo pour se payer une Les Paul pour faire comme Keith. Seras-tu secoué par sa playlist pour couvrir les assauts silencieux de l’allongé ? Chopé par les bollocks ?

Back up m’a plutôt moins accroché par son enquête que par le bocson de ce mouvement de masse culturel qui a permis à une génération de s’éclater. De plus, on devine assez vite que l’un est l’autre et que c’est donc le même (message subliminal : j’ai une veine du bulbe rachidien qu’a pété). Un ouvrage efficace. Et si c’est ce que tu recherches, c’est gagné. Et comme le précise l’auteur dans cet entretien (http://www.unwalkers.com/le-colisee-entretien-pardon-paul-colize-pour-back-up/) : « Cela dit, il ne faut pas imaginer que le livre est un bouquin didactique sur l’histoire du rock, il n’y a pas que du sexe, des drogues et de la musique, c’est avant tout un polar, il y a des morts, une intrigue et le destin d’un homme. »

Note : 3/5

Mention : Déçu. Même pas un titre d’Annie Cordy dans la playlist de l’auteur. Et puis les Beatles c’était de la gnognotte par rapport aux Stones...

Titre : « Back up » Folio Policier (La Manufacture de livres - 2012) ; Parution:02/02/2013 ; 496 pages

Paul Colize est né en 1953. Il vit à Waterloo prés de Bruxelles.

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