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LYNWOOD MILLER, PAS DE PRINTEMPS POUR ELI - SANDRINE ROY - LAJOUANIE

Publié le par Bob

 ELI, ELI, ELI ET LUI !

Introduction* : « Le Bob ne pige rien à l’amour. C’est un être frustre. »

Nous avons fait la connaissance de Lynwood dans le premier tome qui ne manquait pas de qualités. Cependant l’histoire d’amour fusionnelle (et de famille) prenait le pas sur l’intrigue. Il en est ressorti un avis partagé. Puisque Lynwood Miller est une trilogie et que les portraits des personnages principaux, Lynwood et Eli, ont été dépeints nous entrons dans le vif du sujet. En effet, le récit est plus mordant et s’empêtre un tantinet moins dans les ardeurs sentimentales - quoique la relation quasi organique soit toujours aussi forte. C’est en filant aux US que l’on va découvrir une facette cachée de l’agent Miller et c’est par le biais d’un enlèvement que le roman va gagner en intensité. L’on assiste aux éprouvants face-à-face entre Lynwood et son passé (et son frère) et à celui d’Eli avec son père. Malgré le développement de l’enquête Sandrine Roy ne bascule pas vraiment dans le polar - elle n’utilise pas tous ses codes - et préfère parier sur le mode affectif. Elle crée ainsi une relative dépendance afin d’enflammer le lecteur prêt à adhérer à la valse des sentiments. Preuve en est avec le lien intense qui se crée entre Eli et le neveu de Miller - celui-ci est un enfant atteint d’autisme. Pour les lecteurs qui n’auraient pas lu le premier tome rappelons que Eli a un pouvoir étrange qui s’apparente à de la télépathie. Lorsqu’il est kidnappé afin d’obliger son père, président de tribunal,  à faire acquitter un caïd local. S’en suit une partie de cache-cache où le duo Lynwood/Eli va se lancer corps et âme afin de dénouer cette situation très délicate.

Nous retrouvons le style frais et direct de l’auteure qui s’accorde à son registre. Si l’on va jusqu’au bout du récit sans peine grâce à cette enquête et à l’absence de lourdes tergiversations de ses personnages parfois rencontrées dans des premiers romans il nous faut avouer que les effusions passionnelles ont un peu refroidi notre intérêt pour cette histoire. De là à dire que nous sommes des brutes épaisses insensibles il n’y a qu’un pas … que nous ne franchirons pas. C’est ce que nous avions signalé sur notre recension de Lynwood Miller. Sandrine Roy joue sur la corde sensible sans fausse note. Lynwood Miller, pas de printemps pour Eli, tome  fraye avec le roman à suspense comme le font quelques notables plumes qui squattent les bancs des libraires - amour et passion se mêlent au désordre et à la noirceur. Il faut croire que la recette est bonne. Pourtant, il nous semble que le polar ne s’accommode pas d’un excès de sentimentalisme. Le polar doit montrer la face cachée de notre société. Si l’auteure évoque les problèmes soulevés par l’extraction du gaz de schiste cela ne suffit pas à apaiser notre soif. Elle soigne son récit en créant des personnages qui charment un certain lectorat. Nous lui souhaitons le meilleur mais nous sommes, à regret, sortis du rang.

Lynwood Miller, pas de printemps pour Eli, tome 2, Sandrine Roy, éditions Lajouanie, parution : 17/03/2017, 252 pages.

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