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LA CHANCE DU PERDANT - CHRISTOPHE GUILLAUMOT - LIANA LEVI

Publié le par Bob

JEUX DE MAINS, JEUX DE VILAINS

Introduction* : « Voilà la solution, après la crémation voici venu le temps du compactage. Sinon, je pense à Audiard : C’est pas aux quatre coins de Toulouse qu'on va le retrouver, éparpillé, par petits bouts mais compacté, façon César. Moi, quand on m'en fait trop, je correctionne plus, je dynamite pas, je disperse pas, je compacte ! »

 

Nous prenons le train en marche. L’auteur a déjà produit Chasses à l’homme chez Fayard en 2008 qui a reçu le prix du Quai des Orfèvres 2009 et Abattez les grands arbres aux éditions Cairn en 2015 qui met en scène le Kanak. On le retrouve dans ce roman édité chez Liana Levi - qui nous propose d’excellents auteurs (on pense à Iain Levison ou Malcom Mackay) et semble enfin se tourner un peu plus vers les auteurs hexagonaux. C. Guillaumot nous a confié - mais ce n’est pas une confidence - que son héros a bien existé, qu’il fut son collègue et l’on comprend mieux la sympathie qu’il dégage - malgré ses « gifles amicales » répétées - dans ce roman franchement policier écrit par un policier avec plein de policiers dedans et quelques méchants - parce qu’il faut bien des méchants pour que les policiers les coursent puis les plaquent - n’oublions pas que nous sommes à Toulouse, dans l’antre de l’Ovalie. Renato dit Le Kanak, un géant avec des mimines comme des battoirs, sévit dans une petite brigade - ils sont deux et cela convient parfaitement à des mecs que l’on met au placard- dirigée par le chef Cussac, surnommé Six - au final cela ferait sept !? Brigade de punis, ils ont déconné. Mais la fierté du travail à accomplir prend le dessus et ils jouent carte sur table lorsque des accros du jeu sont assassinés, lorsqu’un manitou du Milieu émerge du fatras .

 

Hormis le compactage comme nouvelle technique funéraire après la crémation, l’enquête, ses acteurs et les enjeux nous sont tout à fait familiers. Alors que l’on peut s’attacher à ce Kanak et son Diamant noir, des personnages aux rôles inédits entrent en scène. Ainsi l’on sort un peu de notre zone de confort. Et l’on entre dans ce centre de tri de déchets qui fait office d’usine singulière de retraitement de déchets singuliers.

 

L’environnement du Jeu, ça le connaît. Celui de la police aussi. Christophe Guillaumot parvient, en donnant du corps à ses personnages, à sortir des voies rectilignes des enquêtes à sens unique où quelques malins aiguillages permettent de gentiment bifurquer pour ne pas filer direct et avant l’heure dans les couchettes des wagons-lits - en préférant le somme aux sommations. La chance du perdant est un Rompol - boudu que ce néologisme est laid ! -, un ROMan POLicier efficace, tranchant comme une gifle amicale où les jeux de mains profitent aux jeux des vilains.  

 

Mention : Façon César !!!! Sacrée Penny !!!

*Penny est mon assistante et amie. Elle intervient en introduction de mes chroniques.

 

« La chance du perdant », Christophe Guillaumot éditions Liana Levi, parution : 05/10/2017, 360 pages.

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