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CHERCHER LA PETITE BETE - L'OPOSSUM ROSE - FEDERICO AXAT

Publié le par Bob

Introduction* : « Après la lecture de ce thriller j’ai repris mes analyses psychanalytiques et je ne désespère pas d’apercevoir cette petite bestiole, de la choper par la queue et de la jeter dans la baignoire de Bob… »

Sa tumeur au cerveau est inopérable. Alors qu’il prépare son suicide un inconnu frappe à sa porte. Celui-ci propose un contrat à Ted McKay.

« Non, il ne faut pas être obtus » me serinait ma très chère Penny me reluquant avec ce roman entre les mains. Je me refuse (très) souvent à aborder le thriller car j’ai eu quelques pénibles expériences qui ont fini par aboutir à une fin de non-recevoir (des SP). Souvent le style est absent, le fond est abbyssal, les coïncidences sont heureuses, les tombereaux de corps portent des stigmates ésotériques, j’en passe et des pires. La quatrième du quatrième roman de cet écrivain argentin m’a titillé. Beaucoup de psy : psychologie, psychiatrie, psychanalyse, psychose, etc. Et un opossum rose. Pourvu qu’il n’y ait pas des éléphants…

Durant les 200 premières pages - le récit en compte plus de 400 - Ted est aux prises avec ses démons. Le ciel - astres, naines, trous noirs, nébuleuses et tutti quanti - tombe sur la tête de ce malheureux être. Il remettra son suicide à plus tard et, afin que sa petite famille soit moins affecté par sa disparition, il doit accomplir des actes qui vont faire tache. Le dénommé Lynch, qui semble tout savoir sur lui, en est la cause. Celle qui l’écoute et qui tente de lui permettre de maîtriser sa conscience c’est Laura, sa psy. A ce stade, ce sont d’innombrables interrogations qui tournicotent dans le pauvre cerveau de Ted - tout comme dans celui du lecteur - qui n’en finit pas de redresser la barre pour ne pas s’échouer lamentablement. Car cette histoire est folle, si folle qu’elle ne peut mettre en scène qu’une personne qui a perdu la raison. Puis le récit fait un virage à 180 degrés. De la position où nous nous trouvions, c'est-à-dire en état de lévitation incontrolée, on met pied à terre. Mais ce n’est que le commencement d’une série de nouveaux événements qui se présentent comme des roulés-boulés dans un champ d’orties.

L’auteur a dû bosser sur la Théorie des nœuds (mathématique), il n’est pas possible qu’il en soit autrement - pour les plus jeunes « C’est juste pas possible ! ». Sa construction du récit est un système d’entrelacs qu’il maîtrise parfaitement - puisque, non sans mal,  nous parvenons à défaire la pelote. Présent et passé, raison et déraison se mêlent pour créer des connections qui s’avèrent aussitôt improbables, voire vaines puis, par magie, chaque pièce retrouve sa place. Il fore le crâne et nous expose à vif l’état mental de son personnage principal et nous contraint à un enfermement auquel nous tentons d’échapper. La délivrance, exquise ou funeste, l’attend à la sortie.

Thriller psychologique L’Opossum rose comprend une trame initiale où le passé est à l’origine des causes - nombre de romans noirs se contentent de celle-ci. Mais la « perversion » de l’auteur nous inflige - les amateurs de thrillers, en quête de pénitence, vont entrer en transe - un assemblage diabolique. Bien sûr, le style est basique - en ce sens qu’il s’adapte au contenu - et l’auteur aurait pu nous contenter avec une économie de descriptions qui n’apportent rien à l’histoire. Cependant, le récit est suffisamment convaincant puisque nous avons suivi la petite bête rose jusqu’à sa niche et il est indéniable que, dans son genre, il va satisfaire l’appétit vorace des passionnés.

Mention : C’est vraiment laid un opossum…

*Penny est mon assistante et amie. Elle intervient en introduction de mes chroniques.

« L’Opossum rose » Federico Axat, éditions Calmann-Lévy, traduit de l’espagnol (Argentine) par Isabelle Gugnon, parution : 12/10/2016, 423 pages.

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