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L'AFFAIRE TOMAS - LE FILS PRODIGUE - JEAN-BAPTISTE FERRERO

Publié le par Bob

Introduction* : « Quand ça te tombe dessus ce truc tu dois remercier le ciel, les anges, les archanges et tout le toutim d'en haut même si tu n'y crois pas... »

 

Le détective Thomas Fiera se rend à Barcelone pour retrouver Jacques alias Jaime, un très vieil ami qui a besoin de ses services. Accusé de meurtre d'un jeune généticien, son fils Tomás est en taule mais son père est persuadé qu'il n'est pas coupable. L'assassinat a eu lieu dans la société de biotechnologie dans laquelle il bossait. Il aurait traficoté dans la mouvance des Eco-warriors. Tomás ? Ce prénom provoque chez Thomas de drôles d'émotions.

 

Oui, je le connais bien ce Thomas Fiera. Ce doit être sa quatrième aventure que je m'envoie. Et j'en redemande. « Pourquoi ? » me lance Penny avec son air renfrogné qui ne parvient pas à l'enlaidir mais qui défigure un tantinet son visage. « Parce que... » je lui réponds derechef, ce qui a pour effet d'entendre claquer ma porte d'entrée et ce rugissement « MOI AUSSI JE L'AIME BIEN ET QUAND TU VEUX TU ME LE PASSES ! » Il ne faut pas chercher à comprendre, parfois. Bref. Donc, ce coup-ci l'auteur a vu les choses en grand. Plus de 300 pages, de l'action qu'on se croirait dans un épisode de 007, des déplacements avant les Pyrénées et après les Pyrénées, un déploiement des outils de travail qu'on dirait des opérations militaires contre une invasion de martiens mais toujours la même équipe de bras pas cassés et un Fiera broyant encore et encore du noir - un coucou à Yan ! Et puis, il y a Tomás...

 

Fiera va passer par des hauts et des bas lorsqu'il s'attaque à cette enquête costaude que le vieil espagnol mourant lui confie. L'auteur s'empare d'une actualité brûlante qui met en scène des militants écolos – de ceux qui ne se contentent pas de prier le dieu Tofu. Car le jeune fils était embringué dans ce mouvement pas trop pacifiste et il se retrouve dans un sacré merdier où, étonnamment, il se complaît. Et c'est ainsi que le détective va passer la surmultipliée because c'est aussi le fils de son amour de jeunesse. Ce récit haletant connaît des accalmies qui permettent au personnage principal de souffler mais aussi de ronger son frein, ses ongles et son os puisque Fiera couve toujours son hypocondrie chronique. Cette affaire « Tomás », qui s'avère très privée, va éveiller en lui de sombres souvenirs – le coma et le décès de son épouse – et un autre beaucoup agréable mais qui va générer avec le retour de manivelle des doutes, des sautes de joie et des frayeurs. Quand on touche le point sensible de Fiera – là, tu vois, oui, là ! - il faut s'attendre à retrouver du hachis parmentier de méchants sur la moquette. On pourrait avancer qu'il n'y va pas de main morte notre auteur dans ses démonstrations de force avec des cascades qu'un Rémy Julienne aurait refusées en le traitant de dingo. Mais c'est tout Fiera ça ! Démesure dans l'action comme dans la mélancolie.

 

J'AI UN FILS !

 

Jean-Baptiste Ferrero pourrait, si elle existait, militer pour la ligue anti-cons et ainsi dans les aventures de son détective - son double – il leur botte le cul voire plus si nécessaire. Si les pleutres l'insupportent, il en va de même pour les scélérats adeptes de l'abus de pouvoir. S'il fait joujou avec les emmerdeurs, il nous distrait aussi avec cette abondance de subtiles tournures, cet humour franco de port que l'on ingurgite en risquant l'étouffement pour cause de fou rire. Dans Le fils prodigue ça pétarade, ça virevolte mais l'émotion est aussi bien présente. Un roman hilarant, touchant et volcanique.

 

Mention : Dans la prochaine aventure il va peut-être se découvrir une fille. Va savoir...

*Penny est mon assistante et amie. Elle intervient en introduction de mes chroniques.

 

« Le fils prodigue » Les éditions du 38, parution 2016, 334 pages.

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