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LES COUPS BAS, CA FAIT MAL – L'ENFER EST AU BOUT DE LA NUIT – MALCOM MACKAY

Publié le par Bob

LES COUPS BAS, CA FAIT MAL – L'ENFER EST AU BOUT DE LA NUIT – MALCOM MACKAY

Introduction* : « Ou comment se faire couillonner en beauté ! »

Glasgow. Le chef mafieux Jamieson et son bras droit sont à l'ombre. Ça attire les vautours. Et justement, un certain Barrett semble traîner dans le coin alors qu'un dealer est flingué. C'est Nate Colgan, un costaud qui vient d'intégrer l'organisation, qui va prendre l'affaire en main. Zara, son ex et mère de sa fille, réapparaît au même moment. Drôle de coïncidence, n'est-ce pas ?

On s'est régalé avec la trilogie qui mettait notamment en scène le tueur à gage McLean qui officiait pour Jamieson. La mafia écossaise n'a donc (presque) plus de secrets pour nous. Presque puisque dans ce récit nous reposons nos bagages au cœur d'une nouvelle histoire qui, si elle peut se lire séparément, fait suite à la trilogie car nous retrouvons des personnages déjà rencontrés. C'est le cas de Nate Colgan, un type approchant les deux mètres avec des mains comme des battoirs ou des pelles à neige. Ce monsieur n'a jamais tué, non, il se contente d'assommer ou encore de regarder droit dans les yeux de sa victime qui comprend assez vite qu'il peut appeler son dentiste pour une réfection de la devanture. Colgan est le narrateur. Si c'est une brute épaisse lorsqu'il s'agit de cogner, il n'en demeure pas moins que ce n'est pas un imbécile comme on aurait pu le croire. Colgan est au centre de l'intrigue car il va devoir gérer le retour de sa mie qui vient de sortir de taule et qui réintègre le territoire aux côtés de celui qui devient une menace. Il est partie prenante car toujours amoureux de Zara, il va la protéger coûte que coûte. Elle fut la compagne du défunt Lewis Winter (voir ma chronique du premier volume de la trilogie).

En suivant Colgan nous reprenons une sacrée dose de vitamine C (C pour connivence ou came ou complot ou complicité) que l'on avait quitté avec regret. Tous ces hommes (de paille, de tête ou de main) s'agitent pour asseoir l'autorité, le pouvoir, ou le contre-pouvoir de l'un ou de l'autre. Colgan se retrouve dans une situation qu'il n'a jamais connu en prenant les rênes d'une intervention déterminante. Il s'interroge d'ailleurs de cet état de fait mais, en homme dévoué à la cause, il va se lancer un sacré défi. Ainsi, il aura auparavant analysé la conjoncture en examinant les agissements de chacun. C'est un professionnel. Cependant au royaume des malfrats la messe est dite quand c'est l'autre qui perd ou quand l'honneur est sauf. Sa dignité va en prendre un sacré coup.

Comme je l'avais précisé pour la trilogie cette pègre fonctionne comme une entreprise lambda. Hiérarchie, lutte de pouvoir, gestion des risques, achat-vente, livraison , service après-vente, concurrence, mécanismes d'adaptation, monopoles, coups bas. En naviguant dans les arcanes de cette organisation mafieuse avec un prisme grossissant nous retrouvons les codes qui régissent notre quotidien. L'auteur avec son sens aigu de la précision nous enferme dans ce processus.

L'enfer est au bout de la nuit confirme tout le bien que l'on pense de cet auteur qui nous bluffe par sa remarquable aisance à mettre en situation cette cohorte de personnages. On est secoué et quasi hypnotisé par la puissance du récit.

Mention : Et il aura beau se débattre cette issue est inéluctable.

*Penny est mon assistante et amie. Elle intervient en introduction de mes chroniques.

« L'enfer est au bout de la nuit »; Editions Liana Levi ; traduit de l’anglais par Fanchita Gonzalez Batlle ; Date de parution : 03/03/2016 ; 304 pages.

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