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MORTEL AUDIT

Publié le par Bob

MORTEL AUDIT

Introduction* : « Ouais, bon, le Bob va encore nous ressortir que chez Ferrero y'a du Dard... qui pique là où ça fait mal. Mais ce serait omettre de signifier que ses thèmes sont on ne peut plus d'actualité et donc bougrement bien venus. »

Paris. Au mois d'août (pas en juillet, pas en décembre, mais en août). Fiera le détective lettré s'offre un nouveau challenge. Détecter et pincer le vilain mouchard qui balance sur des activités pas très propres du PDG de la société MC4. Accompagné de sa fine équipe, il va investir les lieux avec la délicatesse d'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Je vous dis pas le fracas...

Là où d'autres auraient jeté l'éponge en deux temps trois mouvements Thomas Fiera se précipite dans la fosse aux lions avec empressement. Ce serait mal connaître le bonhomme que de s'en étonner. Il aime les défis (voir chronique de « Antithèse »). Avec cette affaire, et son héros qui geint autant qu'il bastonne, l'auteur nous dépeint la vie dans une entreprise où règnent des nuisances qui ne peuvent générer que de graves conséquences - je parie ma vieille 309 diesel blanche contre votre sac de billes que vous avez déjà connu ça dans votre boîte. Le malaise est plus que palpable lorsque l'escouade déboule et découvre un personnel muet, tremblotant, au teint hâve aussi grisâtre qu'une souris grise que l'on n'aurait pas trempée dans l'huile mais ayant séjourné dans une urne contenant les cendres du défunt monsieur Gris. Alors que leur audit est mis en branle v'là-t'y pas que ça décède à tour de bras. C'est suspect ! La société cacherait en sein quelques membres actifs d'un groupuscule pas mignon du tout avec des pratiques pas mignonnes non plus. Disons extrêmes les activités. Les quatre amis (ses Francs-Tireurs : Adélaïde, Manu, Fred et Richard) de Fiera vont s'en donner à cœur joie.

Jean-Baptiste Ferrero décoche ses flèches comme un sioux qui aurait pris du speed dans son calumet de la paix. « … un appartement qui semblait avoir été dévasté par un cyclone tropical avant d'être investi par une colonie de moufettes en chaleur. » Et l'on entend siffler les projectiles au fil des pages ce qui provoque une profonde hilarité chez le lecteur qui n'aura de cesse de rassurer son voisin de rame de métro, lui expliquant qu'il ne sort ni de Saint-Anne ni d'un congrès des Jeunes Républicains (ou Socialistes, je veux garder tous mes éventuels lecteurs). Sinon, l'action ne fait pas défaut, bien au contraire comme le disait je ne sais plus qui, et, si l'intrigue n'est pas une fin en soi, le récit met encore et toujours en évidence des personnages tous autant excessifs dans leurs motivations que dans leurs naïvetés. C'est bien entendu Thomas Fiera qui porte l'étendard avec ses troubles bipolaires. Mais il trimballe sur ses épaules un putain de fardeau. Aussi, lorsqu'une occasion de folâtrer s'impose à lui... « A quelle vilenie ne faut-il pas se résoudre pour déprimer en paix »

Avec « Mourir en août » l'auteur aborde un sujet sérieux sans se prendre au sérieux. Allez, c'est parti pour un bon valdingue bien dingue.

Mention : Un brimborion est un objet de peu de valeur. Le synonyme de émétique est vomitif.

*Penny est mon assistante et amie

« Mourir en août »; Les Editions du 38 ; Date de parution : 2016 ; 298 pages.

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Jean (jackisbackagain) 11/05/2016 18:54

Salut Bob,
J'ai comme l'impression que ce livre pourrait beaucoup me plaire. J'aime beaucoup les auteurs qui parodient avec talent et çà a l'air d'être le cas avec cet auteur que je ne connais point. Il m'étonnerait d'ailleurs que cet éditeur soit distribué en Belgique. Je m'en vais faire des recherches. La bise à Penny, tiens !

Bob 13/05/2016 00:21

Salut Jean,
C'est le second roman (+ une nouvelle) que je lis. Il manie la langue avec aisance et vivacité. Et bon sang ne saurait mentir (je tourne la mienne sept fois), je prends du plaisir à le lire. Je transmets la bise avec bonheur. Amitiés.