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LE VOL PLANE DU CONDOR

Publié le par Bob

LE VOL PLANE DU CONDOR

Introduction* : « Quand on pense que ces gens-là existent vraiment et que nous nous sortons de chez nous sans même reconnaître la voisine. »

Vin ou Condor, agent de la CIA, est en phase de réinsertion. Il a mal digéré certaines missions. On le dit fou. Aussi, il prend des tonnes de médocs. Un fantôme ne cesse de lui causer. Alors, on vient lui rendre visite pour faire le point. Il trouve chez lui l'un des agents dans un sale état. Que peut-il faire d'autre que fuir. La chasse est ouverte.

James ne pouvait pas laisser tomber le Condor, il lui doit tout. C'est en 1974 qu'il a ouvert ses larges ailes et il plane depuis cette époque pour se poser à nouveau en 2015. Mais il a pris un coup de vieux le Condor. Il se déplume, a des besoins nocturnes et puis il y a cette voix. Cependant, il retrouve certaines de ses aptitudes lorsqu'il doit déguerpir, son instinct est toujours intact pour sauver sa peau. Il comprend qu'on lui a tendu un piège et veut connaître le (ou les) commanditaire(s). Malmenée par les services et collègue de l'agent assassiné, Faye va le rejoindre dans sa fuite. Une partie de cache-cache quasi suicidaire va s'engager car ils savent que les tueurs ont tous les outils à leur disposition.

Nous ne sommes pas dans l'espionnage pur et dur puisqu'il s'agit là d'une affaire interne mais l'auteur tire les ficelles avec une telle aisance que l'on finit par discerner certains rouages des services secrets. Les NOC. Ces Non Official Cover - ou Officiers implantés dans des entreprises (par ex.) pour des opérations d'infiltration qui ne bénéficient d'aucune réelle couverture en cas de danger – se mettent en action. Le Condor maîtrise l'immersion profonde. Mais c'est une guerre intestine qui semble être au cœur de cette opération. Le pouvoir de certains dirigeants est en jeu. Pourquoi le Condor est-il la cible ? Est-il un appât ? Veut-on l'éliminer purement et simplement ?

« Brouillard : Des écharpes de brume blanchâtre se tordent devant ton faisceau. Sensation : tu as le visage humide. Odeurs : d'herbe mouillée. De pierre et de bitume. De riz sauté presque froid. Bruits : la rumeur lointaine du trafic. Des frémissements de feuillages. Le silence des anges de pierre à trompette, qui te font signe en déployant leurs ailes sur leur piédestal. »

Avec ce personnage qui tente de se relever d'un burn out, gavé de produits chimiques, éloigné des évolutions des services secrets, Grady injecte une dose d'humanité avec cette relation amoureuse qui va se nouer et qui semble raccrocher son héros au réel. Va-t-il enfin se débarrasser du fantôme qui lui dicte ses pensées ? Mais cette réalité n'est autre qu'une menace de mort. Condor et ses « équipiers » vont devoir lutter et cela nous offre quelques scènes d'action ébouriffantes et un finish dignes d'un thriller haut de gamme.

« Les corps fraîchement égorgés sentent le jambon chaud et ont la consistance d'un ballon de plage sous-gonflé. »

Porté par un excellent style énergique et descriptif, « Les derniers jours du Condor » nous questionne sur les dangers d'une relative indépendance de certaines cellules des services secrets, sur les traumatismes psychiques des agents. C'est nerveux, tendu et efficace, c'est du Grady.

Mention : Le dernier métro..?

*Penny est mon amie et assistante.

« Les derniers jours du Condor » ; Rivages/Thriller ; Traduit de l'anglais (États-unis) par Hubert TEZENAS ; Date de parution Septembre 2015 ; 384 pages

James Grady est né le 30 avril 1949 à Shelby dans le Montana. Après avoir été journaliste politique et attaché aux commissions sénatoriales, James Grady a publié de nombreux romans et nouvelles, pour lesquels il a reçu plusieurs prix littéraires. Il écrit également des scénarios pour la Paramount, Universal et la Twentieth Century Fox. Il écrit également pour la télévision. Il a deux enfants et habite à Washington.

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pascal varalli 01/04/2016 17:15

Cet opus du condor 40 ans après... pourquoi pas. Mais il y a des Grady incontournables à lire ou relire avant, enfin il me semble (ex le fleuve des ténèbres ou steeltown...) Amitiés.

Bob 03/04/2016 15:59

Bonjour Pascal et merci de votre visite,
Je suis d'accord avec vous. Chez chaque auteur il y a des incontournables. Si vous saviez le nombre de très bons bouquins (et presque autant d'auteurs) je remise sur les étagères et n'ai pas le temps de lire. Toute la série des 10 romans de Maj Sjöwall et Per Wahlöö par exemple. J'en pleure. De plus, je n'ai commencé à m'intéresser au polar que depuis 5/6 ans donc... Amitiés.