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MAIS IL EST OU LE KIKI ?

Publié le par Bob

MAIS IL EST OU LE KIKI ?

Introduction : « Ahahah, j'imagine les épouses avec un double décimètre dans leur sac à main ! » J'ai précisé à Penny qu'il leur en fallait deux...

Libreville. Dans la rue il y a des jeunes. De petits groupes de jeunes. Certains s'intéressent au rap, d'autres au Chinois. Alors que les premiers vont tomber sur un petit butin inattendu, les seconds préparent leur hold-up. Il se dit que dans la rue des hommes se retrouvent avec des bangalas rétrécis. Une sorcellerie des voleurs de zizis ? Libreville est en émoi. Le capitaine Koumba, entre deux PMU et quelques magouilles pour arrondir ses fins de mois, va devoir gérer ces affaires. Le PR (Président de la République) est concerné par l'une d'elle. Le staff est sur les dents.

J'ai gardé un bon souvenir de « La vie est un sale boulot » (lien), ma chronique se terminait par « Ce roman, c’est un petit bijou. » Janis Otsiemi est toujours accoudé à sa fenêtre, à Libreville et il nous conte ses aventures avec toujours cet argot imagé qui égaye la noirceur des péripéties. Comme dans son précédent roman on retrouve ce style direct, à la machette, ça cause, ça tergiverse, ça pétarade. Par le biais des trois événements - deux sont liés - qui vont occuper les gendarmes, on redécouvre cette Afrique de la débrouille, de la corruption, de la transmission du pouvoir, de la cuisine interne. Après Omar, c'est Ali Bongo qui règne après une élection qui a fait des remous. Comme de bien entendu ! Des images du président entouré de certains personnages influents circulent, faut trouver le coupable. Les jeunes pas malins se font coincer, on remonte à la source. Au même moment, le Chinois s'en prend une. Trois morts. Ça pourrait faire les affaires de Koumba. Son personnage est l'archétype de ce qu'une société vérolée peut produire de médiocrité, de fourberie et de perfidie. Et l'on finit par piger ce mystère des voleurs de sexe – une rumeur que l'on retrouve depuis les années 70 dans une vingtaine de pays d'Afrique. Mais il est où le kiki ? Encore une entourloupe ?

Le Gabon urbain nous réserve de sauvages traquenards où tout part en sucette, où la sentence à malin malin et demi prime, où il ne faut pas jouer avec Ali, avec Koumba ! L'auteur secoue les dés, les jette sur le tapis. Ils sont pipés. Tous les dés sont pipés dans ce récit car les officiels veillent. Traîtres, mouchards, maniganceurs (celui-là, je me permets de l'offrir à l'auteur) ont la main. Janis Otsiemi les met en scène avec un ton et un rythme qui justifient à eux seul la lecture de ce roman. « Les voleurs de sexe » démontre encore une fois l'efficacité de son auteur avec ses dialogues croustillants et ses intrigues réalistes.

Mention : Et ça fait rire Penny, j'ai honte...

« Les Voleurs de sexe », Jigal Polar, parution septembre 2015, 200 pages.

Janis OTSIEMI est né en 1976 à Franceville au Gabon. Il vit et travaille à Libreville. Il a publié plusieurs romans, poèmes et essais au Gabon où il a reçu en 2001 le Prix du Premier Roman gabonais. Roman social et urbain, style (très) direct, récit émaillé d’expressions savoureuses, Janis OTSIEMI signe des romans miroir de la société gabonaise telle qu’il la vit et la perçoit aujourd’hui ! Il a obtenu le Prix du Roman Gabonais pour "La vie est un sale boulot"

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