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LE COWBOY ELIJAH CHEZ LES INDIENS TALIBANS

Publié le par Bob

LE COWBOY ELIJAH CHEZ LES INDIENS TALIBANS

Introduction : Penny tient à préciser que l'on dit « Ouinne et pas Ouaillene ». Intéressant.

Afghanistan. Elijah Russel, accompagné de son pote Wheels, est envoyé dans une unité spéciale de combattants américains dirigée par le capitaine Wynne. Ce dernier, qui a une sacrée réputation de chef de guerre casse-cou et intraitable, lui confie le dressage de chevaux qui vont être utilisés pour une intervention secrète en milieu très hostile.

On connaît la galère rencontrée par les troupes US dans les zones occupées par les talibans, des contrées difficiles d’accès où derrière chaque buisson, chaque rocher peut se planquer l’ennemi pour te descendre comme un lapin. Ainsi, le capitaine Wynne a été choisi avec son unité pour pénétrer dans un secteur ciblé avec une technique d’approche adaptée. C’est Russel qui va se coller à la préparation des chevaux et des hommes. Il a démontré qu’il était l’homme de la situation puisqu’une vidéo a circulé sur le Net dévoilant son formidable acte de bravoure alors qu’il s’emparait d’un cheval pour le sauver au beau milieu d’un affrontement armé.

« La Quête de Wynne » est un roman de guerre, dans un contexte de guérilla, que l’auteur choisit de mettre au premier plan à travers cette unité spéciale. Dans ce cadre restreint, il s’attache à faire le portrait de certains combattants et notamment celui de Russel, jeune homme « orphelin de père, abandonné par sa mère » vivant chez son grand-père, lui-même ancien soldat qui lui a transmis sa passion pour le cheval et son unique apaisement, dans un coin paumé des États-Unis. « … et le cheval qu'il sent sous lui est tous les chevaux à la fois, ses yeux sont des étoiles, sa robe du cuivre étincelant, et il monte au galop vers les pâturages de la nuit. » Malgré le profond attachement à ses racines, il rumine et décide de s’engager. Avec Sara, l'infirmière du camp, il va enfin connaître la tendresse de l’amour, peut-être le réconfort d’une mère qu’il n’a pas eu et sera également amené à s’interroger sur les intentions équivoques de son chef. Wynne, le genre de mec capable de mettre le nez là où peu de téméraires poseraient un arpion, un va-t-en-guerre, bardé de blessures - certaines étant certainement plus enfouies, dissimulées. Il y a les préparatifs, les coups de semonce des talibans, une tension qui envahit l’atmosphère comme une poussière maléfique qui s’introduit dans le crâne des combattants en attendant cette expédition secrète qui doit amener la petite escouade à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan. Cependant la tension et la fureur retombent et cèdent la place à la grâce lorsque l’on assiste à ce pas de deux entre l’homme et l’animal, Elijah et le cheval. Un joyau émergeant de la gadoue. L'assaut final et sa conclusion est digne d'un film d'aventures.

La présence de Russel et de Wynne resserre le cadre de ce qui n'aurait pu être qu'un énième récit de guerre prenant des allures de western des pays de l'Est avec des talibans faisant office de vilains indiens. Deux hommes que tout sépare et qui vont cependant galoper vers un même objectif. Wynne est ici la main armée d'une puissance qui jette dans la fosse aux lions cette jeunesse déboussolée.

Aaron Gwyn réalise un savant mariage - harmonie de l’homme avec l’animal, portrait d'une jeunesse fragile plongée dans la tourmente et fureur des hommes - qui fonctionne à merveille.

Mention : Chronique condensée dans L'INDIC N°23.

« LA QUETE DE WYNNE » Aaron Gwyn. Editions Gallmeister. Traduction François Happe. 312 pages.

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Jean (jackisbackagain) 12/12/2015 16:21

Merci, Bob.
Merci de t'être fendu d'une mini chronique supplémentaire rien que pour moi. Amitiés.

Jean (jackisbackagain) 11/12/2015 11:34

Salut Bob,
Je suis un emmerdeur, je sais, mais je ne parviens pas à déterminer si tu as aimé ce bouquin ou non.
Éclaire-moi. Amitiés.

Bob 12/12/2015 08:52

Salut Jean,
Ben, je termine par "un savant mariage qui fonctionne à merveille". Donc, j'ai beaucoup apprécié ! J'ai lu quelques critiques plutôt négatives précisant que l'auteur était obnubilé par les combats, trop attaché à les décrire. Un fana de la guerre en quelque sorte. En effet, c'est une immersion dans une unité de combat mais il ne faut pas passer à côté des portraits de Russel et Wynne et de leur parcours. Le final est détonnant et... très étonnant. Fonce ! Amitiés.