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LES TRIUMPH DE LA LIBERTE

Publié le par Bob

LES TRIUMPH DE LA LIBERTE

Introduction : Penny et ses fantasmes : « Eh ben mon gaillard, un titre comme ça c'est pas fait pour les mauviettes. Je pense que je vais économiser pour me payer une Bonneville. »

Si à la lecture du titre et de la quatrième j'étais marqué par une moue figée, je tentais cependant de me remémorer les diatribes qui avaient accompagné la sortie de « Empty Mile » - que je n'ai pas lu - afin de retrouver un semblant d'appétit. Puis, comme un sprinter qui se lance trop tôt au coup de feu du starter, mon faux départ fut rédhibitoire, la sanction irrévocable, j'ai fini en mode marathonien qui a des ampoules aux panards. Et c'est ainsi que je me suis dit qu'il faudrait demander à A. Chainas, qui s'est coltiné la traduction, s'il a en bavé autant que moi pour achever cette « Sauvagerie ». Faut croire l'auteur quand il nous décrit cet Hollywood (Chewing Cum ?) qui rassemble tous les frappés des US puisque les personnages ont un paquet d'obsessions malsaines qui tournicotent dans leur ciboulot. S'ils ne pratiquent pas tous l'inceste, certains traitent leurs blessures en violant allègrement ou kidnappent pour arrondir leurs fins de mois alors que d'autres flinguent pour diverses motivations. Le cœur a ses raisons que la raison ignore. Bon, tu seras d'accord avec moi, on connaît un tant soit peu la « StarStruck Town » et ses infâmes caprices donc je te conseille de lire ce papier de Caro sur « La belle vie ». Ainsi, on assiste à la longue dérive de ces producteurs, diffuseurs, scénaristes, acteurs et on est à deux doigts de filer dans un sex-shop pour se payer un costume trois pièces (casquette, string en cuir et fouet) puis d'adhérer illico à la NRA afin de ne pas lâcher le morceau trop vite. Les gentils ne le sont plus lorsqu'il s'agit de venger la mort de leur proche ou leur éviction du circuit. S'ils ont raté leur vie et sont donc des petits losers à la noix à l'image de notre valeureuse chanteuse hexagonale Sloane qui se fait jeter par son Peter, on se dit que c'était pas pour eux les buffets avec Brad Pitt et Scorcese. Mais ils insistent les bougres. Les méchants sont méchants, ça c'est clair. Ok, mais pourquoi tant de haine et de vilaines pensées dans ce roman noir ? Parce qu'un manuscrit volé est à l'origine de tout ce ramdam. Puis un film super8 est également chouré. Seules les virées à moto sur des Bonneville et Thruxton nous permettent de nous arracher de cette mélasse - les Triumph de la liberté - qui nous collent aux baskets comme un keuf motorisé te chope avec ton portable au volant. Comme il est toujours agréable de garder un souvenir émouvant, pour le coup ce seront les acides effluves de l'entrejambe de Chick. J'ai une mémoire olfactive du tonnerre...

Mention : Suis pas trop thriller, je vous dis. (Chronique parue dans L'Indic n°22)

« Sauvagerie »Editions Gallimard, Série Noire, Traduit de l'anglais par Antoine Chainas, Paru le 05-06-2015.

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