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TUT TUT !

Publié le par Bob

TUT TUT !

Introduction : Penny, rockeuse dans l’âme, tergiverse : « Bon, faudrait savoir... Pierre qui brûle ou Pierre qui roule ? Parce que ça pose un terrible dilemme. Imaginez un peu les Rolling Stones qui changeraient de nom pour se faire appeler les Hot Stones, hein ? »

Il a juste le temps de refermer la porte de la prison que son ami Kelp lui trouve un taf. Dortmunder et son équipe composée également de Murch, Greenwood et Chefwick doivent piquer une émeraude possédée par l'Akinzi. Le commanditaire n'est autre que l'ambassadeur du Talabwo à l'ONU, pays africain voisin.

Dans la collection Carré Noir on trouve 582 ouvrages piqués dans les titres de la Série noire. Ce numéro 367 de « Les classiques de la littérature policière » m'a été offert par un Pierre pas collectionneur d’émeraudes ni de pierres précieuses mais ce sont aussi des joyaux… de la littérature policière et noire. Vous aurez certainement le plaisir de faire sa connaissance dans les prochaines semaines quelque part dans une édition de polar. Merci Pierre* ! Comme l’a aimablement précisé mon amie Penny, ce roman est beaucoup plus connu sous le titre « Pierre qui roule ».

C'est toujours chouette d'entamer la lecture d'un bouquin qui amorce une série emblématique. Ici, le personnage principal est John Archibald Dortmunder. DORTMUNDER le loser ! Je découvre donc (oui, je sais…) ce monument avec le premier de la liste, le number one, qui a permis à l’auteur de dérouler ensuite. Venons-en directement au cœur du récit qui est décomposé en cinq périlleuses opérations pour récupérer la fameuse pierre. Ainsi, on assiste aux mésaventures de nos cinq cambrioleurs en action dont les péripéties prennent une autre dimension dans leur enchaînement qui se transforme en une escalade de gags (et accessoirement du mur d’enceinte d’une prison). S'y ajoute les tergiversations de Dormunder avant chaque préparatif et ses négociations avec l'ambassadeur ainsi que la présence burlesque des personnages. Le ton est donné lorsque nous faisons leur connaissance : Murch, le chauffeur, qui doit pioncer avec un carburateur de Pontiac, Greenwood, le vert galant, Chefwick, le serrurier, ami du rail et Kelp, monsieur « assurance tous risques ». Un casting de gentils pros – gentils, parce qu'un peu concons -, servis par un G.O. (Génial Organisateur) qui ont une fâcheuse tendance à foirer tout ce qu'ils entreprennent.

Mais, ne nous y trompons pas, l'auteur monte des scenarii qui tiennent la route avec une intrigue du feu de Dieu. En effet, si Donald E. Westlake jongle avec ses personnages placés dans des situations critiques qui deviennent immanquablement absurdes, il n'en est pas moins un conteur du tonnerre et un dialoguiste hors-pair. On se marre, c'est guilleret et agréablement frappadingue, ça dépote, on va s'en faire un autre.

Kelp appelle Chefwick pour le brancher sur l'affaire. Deux minutes plus tôt il faisait joujou avec son train en faisant « Tut tut ! » puis flattait son épouse pour l'odeur alléchante de son plat.

« - Chérie, tu sais à peu près où on en est question finances ?

Maude s'essuya les mains à son tablier, l'ai pensif, puis répondit :

  • Je crois qu'il nous reste tout juste sept mille dollars sur le compte.

  • Rien au sous-sol ?

  • Non. J'ai pris les derniers trois mille à la fin d'avril.

  • Merci, dit Chefwick.

Il regagna le living-room, s'assit sur le divan, reprit l'écouteur et dit :

  • Allô ?

  • Ouais, fit Kelp qui semblait fatigué.

  • Ça m'intéresse vraiment, dit Chefwick. »

J'adore le « Rien au sous-sol ? » Pas vous ? Me reste plus qu'à découvrir le premier Parker...

Mention : * Pierre est également à l’origine du salon du polar Polar’Encontre qui a lieu tous les ans au mois de mars à Bon Encontre dans le Lot et Garonne.

« Pierre qui brûle » (Titre original « The hot rock ») Editions Gallimard, Première parution en 1971, Trad. de l'anglais (États-Unis) par Janine Hérisson, Collection Carré Noir (n° 367)

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Jean (jackisbackagain) 01/09/2015 16:31

Bonjour l'ami Bob,
Voilà, c'est tout simplement agréable de recevoir tes chroniques sur une base régulière. Alors, rassure-toi, j'ai quelques Dortmunder "en magasin" et je n'ai ai pas encore lu un seul. Je sens que cet oubli va être très, très bientôt réparé. Amitiés. Jean.

Bob 04/09/2015 13:02

Salut Jean, je me suis également abonné au tien récemment mais je n'ai rien reçu... Quant à mes lacunes, je comprends toujours pas pourquoi je n'ai commencé à vaguement m'intéresser au romans noirs qu'après 50 piges. Amitiés.