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JEUNESSE VAGABONDE

Publié le par Bob

JEUNESSE VAGABONDE

Introduction : « Moi aussi j'aurai bien aimé avoir un joli prénom et un nom long comme un jour sans pain. Mais Bob m'a affublée d'un Penny Laine dont je me serai bien passée. Sinon Emily et son Lola Quartet (titre original) c'est Whaouh ! »

Là, tu vois, je rentre de congés et faut pas m'agacer alors, je le dis tout net, je ne ferai pas de résumé de ces variations Sebastian qui, je dois l'avouer, m'ont bien emballées. Bien sûr j'aurai pu commencer en disant que c'est le dernier concert de l'année scolaire de Gavin et son groupe, qu'il cherche sa petite amie Anna et finit par découvrir qu'elle s'est barrée il ne sait où et l'a laissé tomber comme une vieille chaussette, que dix ans plus tard par le plus grand des hasards il retrouve sa trace et que ça risque de partir en quenouille. Mais il n’en sera pas question, pas de résumé, c'est comme ça et pas autrement.

C'est sur des tonalités de jazz que ce récit s'égrène et se compose pour nous embarquer dans la torpeur de cette Floride où grouillent de grosses bestioles dans les canaux. C'est à Sebastian que Gavin, viré de son boulot de journaliste, rejoint sa sœur et tente de recréer le lien avec Anna la rebelle qui a eu le malheur de piquer un gros paquet de pèze à un dealer et qui vit avec sa fille et un gazier, guitariste de jazz. Mais Dieu que cette gamine ressemble à Gavin !

Dans sa quête Gavin, suant sang et eau, va aller à la rencontre de ses anciens potes. Leur passé va éclabousser le récit d'une tendre nostalgie mais aussi de cuisantes confessions que l'auteure parvient à nous communiquer avec une sobre élégance. Sans spolier l’intrigue, elle nous fait suivre la courbe nuancée des émotions des divers personnages dans leurs parcours entachés de douloureux tourments. L'émotion est le maître mot de ce roman. Il est question d'amitiés, d'amour perdu, de passion, de fuite et d'une quête désespérée. S'il l'on découvre une scène de violence, celle-ci s'exprime aussi avec mesure dans les sentiments partagés. Cependant l'auteure n'oublie pas de pointer du doigt ces usuriers qui se rabattent sur leurs proies et s'empiffrent de cette crise qui malmène autant la Floride que l'ensemble du pays. Le tempo ne faiblit jamais dans ce récit rythmé par le parcours de Gavin sous une nappe de notes bleues pour se conclure sans fracas.

Emily St. John Mandel a de la tendresse pour ses personnages et c'est tout simplement beau, émouvant et mélodieux.

Mention : Quel titre ! Mais quel titre !

« Les variations Sebastian», Editions Rivages/Thriller, Traduit de l'anglais (Canada) par Gérard DE CHERGE, Parution février 2015, 320 pages.

Emily St. John Mandel est née au Canada et vit à New York.

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Jean (jackisbackagain) 15/08/2015 13:01

Salut l'ami Bob,
Pas de commentaire particulier sur cette chronique mais comme par enchantement, je reçois maintenant tes chroniques alors que je suis abonné depuis un certain temps et que je ne recevais rien. Ça, c'est une excellente nouvelle. Amitiés.

Bob 15/08/2015 19:57

Salut Jean,
Je pensais qu'elles étaient envoyés dès que je publiais la chronique. Stupide bipède ! Désormais je clique sur "envoyer aux abonnés" !!!