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LE VERTIGE DES FUNAMBULES

Publié le par Bob

LE VERTIGE DES FUNAMBULES

Introduction : « Penny, cet homme noir n'est pas noir. En fait, il cache une noirceur qui va prendre le dessus et sera la cause d'actes répréhensibles. » De la nécessité de situer le sujet. Mais Penny n'était pas convaincu. « Tu me prends pour une sotte Bob ? J'ai bien compris que l'homme noir travaille au black ! » Argh.. !

Rome. Gabriele est pété de thunes donc me direz-vous il est arrogant, grossier voire infect. Ben non, en fait c'est plus simple que cela, il est pourri jusqu'à l'os. C'est le patron de Fabiana, directrice de son hôtel et sœur de Marco, inspecteur branleur qui vit toujours sous le joug de son tyrannique papa. Filippo est le chauffeur du patron Gabriele. De son côté, c'est pas trop la gloire question pognon. Il a une jolie épouse et une charmante petite fille. Mais l'homme noir va semer le trouble.

C'est une étrange mise en scène à laquelle nous assistons pour une histoire ma foi simpliste avec des personnages qui funambulent au gré de leurs infortunes, désinvoltures ou avidités dans une Rome qui recèle toujours derrière ses splendeurs des zones obscures pénétrées par un marché parallèle florissant.

Ce que nous lisons dans la quatrième de couverture – un accident de la route - va en fait apparaître vers le milieu de ce récit puisque l'auteur prend le temps de situer ses personnages. Les quartiers populaires de la capitale italienne sont le décor de leurs agissements où les cars de touristes ne se faufilent jamais. Filippo, paumé de chez paumé, réussit à se faire embaucher comme chauffeur de Gabriele et pourtant craque et commet la bourde qui va l’embringuer dans une belle galère. Focus sur les petits métiers annexes qui permettent d'arrondir les fins de mois. Nous atterrissons également dans cet hôtel de luxe géré par la splendide Fabiana, si appétissante que ses charmes pourraient attirer les ardeurs d'une foule de prétendants. Elle ne soupçonne pas que son frère Marco a partie liée avec son patron dont il profite largement des petits cadeaux pour quelques services « spéciaux ». Être dans l'ombre de son père et profiter de sa notoriété - il était grand patron dans la Police - ne lui suffit pas. Vous avez dit corruption, piston, ambition, exécution, trahison ? Et l'amour, bordel ! L'homme noir sort de sa carapace et va entrer en action. L'amour de cette épouse prête à tout pour éviter le pire ne sera pas suffisant.

Ce n'est pas l'intenable suspense qui guide les pas du lecteur puisque la culbute est inévitable et donc prévisible. On s'intéresse surtout aux personnages qui gravitent dans ce récit avec leurs doutes et les choix qu'ils s'imposent, ceux-ci semblant être irrémédiablement voués à l'échec. Le vertige des funambules. « Je vais le faire, je vais le faire. Je n'aurai pas dû le faire... » Le lecteur réagit illico « Ne fais pas ça mec ! » Trop tard. L'auteur se plaît ainsi à nous tenailler perfidement et enfonce le clou avec cette petite Alida qui assiste à la déconfiture.

« L'homme noir » explore avec subtilité la part d'ombre enfouie qui sommeille en chacun de nous. Et ça fout les jetons.

Mention : C'est un bouquin que j'ai reçu via mon abonnement à « 813 » et je les en remercie. J'ai découvert cet auteur italien avec ce roman.

« L'homme noir », Editions Payot & Rivages, Collection : Rivages/Noir, Paru en : Février 2015, 256 pages

Luca Poldelmengo, né le 3 février 1973 à Rome, en Italie, est un écrivain et un scénariste italien, auteur de roman policier. Après avoir écrit le scénario de Béton armé (Cemento armato) en 2007, il publie en 2009 son premier roman, « Le Salaire de la haine » (Odia il prossimo tuo), publié en français dans la collection Rivages/Noir.

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