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DANS LES JOYEUSES

Publié le par Bob

DANS LES JOYEUSES

Introduction : « C’est en été que les marronniers fleurissent dans la Presse.» A cette phrase Penny a rétorqué « Tu dis n’importe quoi Bob, c’est au printemps !

Barcelone. Dani Santana, ex présentateur télé, veut envoyer du pâté, chasser le scoop et faire la nique aux confrères des deux quotidiens concurrents. A.B.C., son patron méchant comme un piranha, l'a nommé au poste de directeur de la rédaction. Senza, son chef de la rubrique « Société », bidouille sévère dans le quartier musulman. Il tente également de soutirer des infos à Eva, officier de police, dont il est l'amant. Les élections municipales approchent et un d'attentat semble être en préparation. Ça va bouger sérieux dans la capitale catalane alors que les diverses machinations tournent à plein régime.

L’auteur, journaliste de profession, nous convie dans la rédaction du Crònica qui, sous l'impulsion de leur nouveau directeur, met à la une du journal la prostitution et les trafics de drogue qui foisonnent la nuit sur les Ramblas. Ce n'est pas du goût du maire, non plus de son directeur général Artur Biosca Canal qui le lui fait savoir. Santana fait le job avec passion et obstination et lorsqu'il en remet une couche avec l'appui de Senza, il ne pige pas qu'il met les panards dans un imbroglio qui dépasse largement ses compétences. Tout comme Senza, il va être pris au piège dans la toile qui se tisse. A.B.C. est furax et pète un plomb car ses intérêts sont en jeu. Au même moment dans le quartier du Raval près des Ramblas les jeunes frères syriens Kaïs et Ali magouillent et sont en contact avec Senza. Ils vont apprendre à leur corps défendant le but réel de leur récente venue à Barcelone.

« Bouclage à Barcelone » est un roman qui confirme que l’honnêteté et la loyauté ne paient pas toujours (ou jamais). En effet la duperie, les coups bas – qui font mal là où on sait – sont au cœur de ce récit où les maîtres de l'illusion vont périr de leurs outrecuidances, de leurs penchants ou de leurs perversions. On sait bien que cette obstination favorise la cécité comme la gourmandise les rondeurs. En gros, c'est le retour de manivelle dans les joyeuses. Abus de pouvoir, de faiblesse, corruption, convoitise, ont façonné leur existence mais ils ne seront pas seuls à payer les pots cassés puisque ceux qui ont subi leurs tyrannies ou leurs manipulations vont morfler aussi. C'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses et il ne subsiste que des hommes à terre, des vaincus. Aussi il ne reste à Dani Santana, le preux journaleux, que cette dernière manchette du Crònica à diffuser en guise de conclusion « Tel est pris qui croyait prendre ».

Xavier Bosch pilote ses diverses intrigues avec un savoir-faire qui tient la route et parvient ainsi à nous véhiculer avec bonheur dans l’univers de la Presse où éthique et corruption jouent à cache-cache. En abordant également le terrorisme radical (et ses corollaires) avec ces victimes qui sont envoyés à l’abattoir, il aborde cette menace qui plane toujours sur nos têtes et qui a déjà frappé dans la capitale espagnole. On découvre également une Barcelone nocturne… sous un autre jour. Sans fioritures ni effets de style, l'auteur compose une histoire qui tient en haleine avec des personnages inquiétants au destin déjà tout tracé qui profitent de l’abnégation d’autrui.

« Bouclage à Barcelone » est un roman qui gratte là où ça démange. Une belle découverte à paraître début juin.

Mention : Je vais virer Penny ! Les marronniers...

« Bouclage à Barcelone », Editions Liana Levi, Traduit par Laurent Gallardo et François-Michel Durazzo, Date de parution 05/06/2015, 336 pages.

Xavier Bosch, né à Barcelone en 1967, est un journaliste réputé. Auteurs de chroniques radiophoniques, de livres de contes et d'un court roman, avant d'écrire Bouclage à Barcelone, best-seller en Espagne, pour lequel il a remporté le prix Sant Jordi en 2009.

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