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UN LAIT TROP RANCE

Publié le par Bob

UN LAIT TROP RANCE

Introduction : « 650 pages pour parcourir et admirer la Mongolie en quad, il fallait bien ça parce que je te dis pas les distances ! » Penny rajouta « La couverture de ton roman, qui est sorti fin 2013 et a été encensé par la critique, est bardée de Prix et pour une fois j'apprécie car ça couvre l'image qui est un peu cracra. » J'acquiesçais en opinant du chef. « Manook, Manoukian...euh... tu crois que l'auteur est le frère d'André ? Ouah, qu'est-ce que l'aimais dans La Nouvelle Star sur M6 ! » Éberlué, je repris ma lecture à la page 530 où il était question des « petites sandales de Kushi ».

Mongolie, Oulan-Bator, la steppe. Deux affaires sordides à régler pour le commissaire Yeruldelgger, toujours anéanti par le décès de sa gamine, qui va se retrouver personnellement impliqué. Il va devoir compter sur l' inspecteur Oyun, Solombo, son amie médecin légiste et Gantulga, un jeune dégourdi pour colleter le type qui a foutu tout ce bordel. C'est pas du tout cuit (quoique). Il va trouver des coriaces sur sa route, des macchabées et encore des macchabées...

Court chapitre, action, suspense, court chapitre, action, description, suspense, etc. J'en veux encore. Je veux connaître la fin. Putain ce massacre ! Non, il va pas la... ! C'est dégoûtant ! C'est ahurissant, tous ces miséreux dans les égouts ! Il bouffe des ravioles de mouton gras et des marmottes farcies aux galets chauds ? Les joyeuses dans la bouche des putes rasées et pendues ? Un salopard cet Adolf ! C'est beau la Mongolie ! Aïe ! Ouille ! Badaboum ! Vroum-vroum !…

Ce roman est indéniablement bien fichu pour le lecteur de roman d'aventures. L'auteur ne nous laisse aucun temps mort (ou si peu). Je me voyais au galop à parcourir le pays le cul posé à cru sur l'un de ces petits chevaux utilisés par les autochtones en faisant gaffe de ne pas poser un sabot sur un cadavre puis arpenter la capitale avec un gilet pare-balles. J'ai tourné les pages frénétiquement puis plus posément tout en murmurant des là, il n'y va pas de main morte ou des on va de coïncidences en coïncidences. Oui, on chope quelques infos sur ce pays qui ne se résume pour certains qu'à cette image d'une yourte, un troupeau et des nomades autour sur une steppe aride battue par un vent féroce. L'auteur tente de ne rien oublier en abordant cette indépendance acquise après de lourdes concessions et un passé vécu sous des tutelles tyranniques. L'exode puis la misère au cœur d'Oulan-Bator est abordée ainsi que le grand écart entre tradition et modernisme. Certaines coutumes sont de ce fait évoquées ainsi que la pratique du chamanisme. Et puis on se balade dans cet immense pays dans les forêts de mélèzes ou dans le désert de Gobi. Bon, d'accord c'est mignon tout cela mais il suffit de tapoter sur Wikimachin et on a la panoplie du parfait mongol.

L'histoire pourrait se résumer à cette affaire de corruption mêlant un nabab mongol à une puissance étrangère qui vont être démasqués grâce à la détermination de Yeruldelgger et de ses partenaires. Ce même commissaire connaît les pires tourments mais il ne lâche pas le morceau jusqu'à son ultime combat. Il y a plein plein de personnages (du principal aux secondaires) qui ne manquent pas de tempérament dans un décor exotique. Tiens par exemple ce Gantulga, gosse des rues et des égouts, qui raisonne meilleur qu'un inspecteur de police et qui se permet d'ailleurs de lui donner des ordres. L'auteur sait manier les mots pour les coller aux événements. Ainsi le ton ponctue le récit. Quant au style, il est efficace et ne souffre pas d'insuffisances.

De rebondissements en rebondissements, de hasard qui fait bien les choses en pirouettes j'ai fini par être secoué jusqu'à en perdre patience, jusqu'à ne plus retomber sur mes pieds. Patatras ! Il m'est impossible de citer toutes ces situations où untel a un bol du tonnerre pour repérer inopinément la personne, le lieu ou l'objet recherché. Voici juste un exemple frappant : l'inspecteur oublie volontairement son portable dans le bureau du chef qui va passer un appel téléphonique et lorsque qu'elle le récupère quelques minutes plus tard, elle découvre dans son enregistrement des informations capitales. Avec un peu de discernement (si, si tu en as aussi !) - c'est à dire en prenant du recul et ici, dans ce thriller déjanté, en appuyant sur le bouton pause - on finit par mettre en parallèle de précédentes lectures et on constate que tout cela est une construction pour embarquer le lecteur. Un assaisonnement heureux pour que tout s’imbrique à la perfection. Ainsi ce serait cela la recette du succès ? Si c'est le cas, je dis bravo aux heureux gagnants !

« Yeruldelgger » possède des qualités manifestes – sinon pourquoi autant de vivats. On peut se prendre au jeu du suspense, du dépaysement, des personnages attachants, de l'Aventure, du Mal qui fait du mal mais tu vas voir ce que tu vas prendre racaille. Cependant il est également admis de mater un tant soit peu par le petit bout de la lorgnette et de se sentir piégé par le récit, débordé par trop d'excès et se déconnecter. Bonne lecture !

Mention : Bon, le lait trop rance ce sera pour plus tard. Pour le lecteur vexé je peux relever les «extravagances»...

« Yeruldelgger », (Octobre 2013, Albin Michel) Le Livre de Poche, Policiers/Thriller, Date de parution: 02/01/2015, 648 pages.

Ian MANOOK. Journaliste, éditeur, publicitaire et désormais romancier, Yeruldelgger, son premier roman publié aux Éditions Albin Michel en 2013 fut couronné par le Prix des lectrices de ELLE, le Prix SNCF du polar, le Prix Quai du Polar / 20 minutes mais aussi par les lecteurs de Notre Temps et de St Pierre et Miquelon. Les Temps sauvages est le deuxième opus d'une série autour de Yeruldelgger, personnage éponyme qui nous conduit des steppes oubliées de Mongolie aux confins de la Russie et de la Chine.

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Laure 29/05/2015 00:24

tu me déçois mon p'tit Bob.. Tu permets que je y appelle comme ça ? Tu t'es laissé piéger par ce bouquin rempli de .. Invraisemblances, poncifs, mélos à outrance.. Ou alors c est le prix remporté aux quais du polar qui t a fait perdre ton sens critique... Ou alors tu connais / t as interviewé l'auteur .. Ou alors c est un pote de chambrée.. Ou alors tu jouais aux billes avec lui quand vous étiez petits..

Petit Bob 29/05/2015 08:14

Ton sens de l'humour me plaît mais sache que je ne couche avec aucun d'eux !