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TU ES MON AMI TU ES MON FRERE

Publié le par Bob

TU ES MON AMI TU ES MON FRERE

D’après certaines sources «S’il est démontré qu’avec 3 000 mots on “couvre” 97% du vocabulaire usuel, il l’est également qu’un homme cultivé peut comprendre jusqu’à 10 ou 12 000 termes.” Est-ce que les lecteurs de romans noirs, les accros de science forensique sont de fins lettrés ? Je vais te tester sur le champ et si tu t’en sors sans faire de recherches sur Wikimachin, tu auras droit à un tour supplémentaire sur les auto- tamponneuses à la Fête de l’Ail de Beaumont-de-Lomagne (82). J’espère que tu as bien reçu mon message et qu’il n’est pas trop amphigourique voire abstrus pour ta belle cervelle. « Bon alors, et ton Rotella ? »

Valentin Pescatore, le costaud de Triple Crossing , est désormais porteño et bosse dans une boite privée de sécurité. Il retrouve incidemment Raymond, son ami d’enfance, son frère, toujours aussi excessif, laïusseur, coquin et escroqueur. Ce foutu mec aurait viré djellaba et mosquée. Valentin est sceptique. Et v’là t’y pas qu’un grand BOUM retentit dans le quartier juif. Il se rend sur les lieux avec Facundo, son chef.

Notre héros, Valentin, va ferrailler dur pour se sortir de ce nouveau guêpier qui prend ses racines dans ce qui semble s’installer durablement dans notre actualité : le Djihad islamique. L’auteur qui, rappelons-le, est cador en la matière, ne perd pas l’occasion de nous rancarder sur les tenants et aboutissants notamment ce lien avec les filières de la dope en Amérique du sud. Terrorisme et banditisme, main dans la main, se frayent un chemin pour atteindre leurs cibles à Paris, Londres ou Buenos-Aires. Viennent se mêler aux divertissements, les organismes de lutte anti-terroriste, les forces spéciales avec des ricains, des frenchies. Tu vois, y’a pas de quoi se taper le cul par terre mais c’est une véritable nuée de gonzes qui font pas semblants.

Valentin, après avoir été soupçonné de complicité, se retrouve dans les pas de la convaincante Belhaj, Commissaire de la police française. Ils vont avoir le plaisir de convoler en justes noces sanglantes en passant par la Bolivie, l’Espagne, la France, jusqu’à Bagdad, là où c’est brûlant. Et ceci grâce à un certain Raymond Mercer, voyou et balance qui sombre lentement. A trop vouloir traficoter à droite et à gauche, en tentant de tirer toutes les ficelles, le converti va ainsi amener son ami à partir sur ses traces. Une battue. Comment cette amitié fraternelle peut-elle perdurer ? C’est évidemment ce fil rouge qui maintient le suspense et qui, comme il se doit, te permettra de connaître la réponse dans les toutes dernières pages. Wow ! Et que d’émotions quand Pescatore retrouve Isabel, son ex (Triple Crossing). Cocasse est cette visite de Paris et sa banlieue des amerloques sur un air de Booba, « Le jour de paye »

Rotella a su offrir à ses personnages une réelle consistance et leurs relations tiennent la route. Il a su manœuvrer sa barque dans tous ses remous (personnages, lieux, tours de passe-passe, etc.). Cependant, c’est son écriture par trop linéaire qui m’a déçu. Je l’avais d’ailleurs précisé sur un autre support en cours de lecture et ce fut l’une de mes remarques pour Triple Crossing lorsque je le décrivais comme un docu-fiction. Tout cela manque de style, de saveur, d’humeurs, de couleurs. Mais le preux polardeux, que tu es, se contentera peut-être de ce périlleux tour du monde avec Valentin et sa gonzesse chassant Raymond, l’ami de toujours.

Mention : « Alors ? Petit joueur, espèce de bachibouzouk ! Ouais, bien sûr, amphigourique tu connaissais ce mot depuis ta Terminale A. Avec cette prof de 55 berges qui t’as mis un 18/20 sur une copie vierge parce que tu lui as refilé un peu de beuher pour son anniversaire avec ses potes de mai 68. Escroc ! »

« Le chant du converti » Editions Liana LEVI ; Date de parution : 04/09/2014 ; Traduit de l’anglais (États-Unis) par Anne Guitton; 368 pages.

Sebastian Rotella, grand reporter, vit aux États-Unis. Spécialiste des questions de terrorisme international, de crime organisé, de sécurité et d’immigration, il a été finaliste du prix Pulitzer en 2006 pour ses reportages internationaux. Il travaille actuellement pour Pro Publica. En France, Triple Crossing, son premier roman, a été salué par la critique et les libraires.

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