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PREFET RANCE

Publié le par Bob

PREFET RANCE

Saperlipopette, si j’interprète bien le visuel de la couverture - et c’est pas fastoche - ces anges-là ont du plomb dans l’aile ! Dès la lecture de la quatrième, j’ai pigé que JOB avait changé son fusil d’épaule - sachez qu’un bon auteur de polars qui déménagent ne circule jamais sans son M16. Je n’avais pas fait la fine bouche pour miamer (néologisme dont je m’octroie la paternité) "Aimer ou laisser mourir" et "Le Cramé" aussi j’ai encore une fois enfilé mon gilet pare-balles pour me protéger des éventuels JOBards qui cavalent toujours dans ses romans.

Cinq enfants sont pris en otage. Cinq parents vont devoir se soumettre à ce qu’ils considèrent comme une requête irrecevable de la part du ravisseur. Le truand Vigo, dit le Noir, inculpé pour meurtres d’enfants, ne demande pas de rançon mais une réhabilitation. Les parents sont surpris et troublés de recevoir une convocation du préfet, dont le fils a également été capturé, afin de s’entretenir en privé de l’affaire. Comment vont-ils se sortir de ce bocson infernal ?

L’auteur a bâti un scénario original en choisissant de ne pas utiliser un personnage principal. En effet, et même si Vigo est le personnage central, tu ne trouveras pas dans ce JOB le héros qui envoie du bois - qui est sa marque de fabrique - et plein de gaziers qui décampent en pleurant maman. Pourquoi ? Je te le demande (non, je déconne). Sentant venir le piège du préfet Rollin à deux voire trois kilomètres chaque protagoniste va, par la brutalité et la soudaineté de l’évènement, devoir intervenir avec sa méthode, sa pulsion ou ses contraintes. Car, tu vas le piger rapidos, ils sont tous - le flic, le magistrat, l’avocate, le témoin et le préfet - liés par la même affaire à des niveaux différents.

« Quand les anges tombent » est un roman dont l’histoire évolue sous haute tension. L’urgence de la situation avec ces parents désemparés fait monter la pression. On est dans le suspense total avec ces différentes enquêtes qui doivent mener au même objectif : retrouver les enfants. Ces derniers ne sont pas en reste pour tirer leur épingle du jeu et tenter l’impossible. L’auteur maîtrise cette écriture qui tape dans le mille en façonnant ses dialogues à la serpe. C’est vif, concis et sans artifice. Il le fait si bien que je l’imagine en train de taper son texte dans son bain moussant avec une musique de film de Georges Delerue, c’est dire.

Oui, c’est chaud, oui ça va vite mais ce qui ressort surtout de ce roman c’est l’attention particulière que l’auteur a souhaité porter sur les liens familiaux, la paternité, la relation parent/enfant. Et c’est en pointant son regard sur ses personnages qu’il a mis la pédale douce. Ainsi il s’attarde sur leurs souffrances, leurs déraisons, leurs vices ou leurs vertus. Le rapt de leurs enfants les fragilise et ainsi se manifeste la face cachée de leur personnalité. Ils en deviennent touchants et attachants car pour certain c’est une forme d’expiation de leur fautes qui s’opère. Bosco a dû prendre du recul pour aborder ce thème et là où on ne l’attendait pas, il s’en tire fort bien. J’ai beaucoup apprécié le passage où l’avocate revisite le passé de Vigo en se rendant aux Crocs du diable. Et puis je ne te parle pas des révélations avec la mainmise de l’Etat sur les affaires, le pouvoir des haut-fonctionnaires.

Cependant, je mets un bémol cette fois-ci (aïe !) car j’ai été gêné par la démesure de certaines scènes et situations. Je ne vais pas les citer pour ne pas casser l’intrigue qui est rondement menée. Je ne suis pas parvenu à m’en affranchir tout au long de ma lecture. Un blocage. Peut-être est-ce un moment de faiblesse aussi je te souhaite de passer outre. Tu vas découvrir un nouveau JOB tendre et introspectif. « Quand les anges tombent » soulève une foultitude de sujets qui secouent les consciences, qui donnent matière à réfléchir et seulement pour cela il mérite notre confiance.

Mention : « Prendre un enfant par la main. Pour l'emmener vers demain... »

« Quand les anges tombent » Editions JIGAL - Septembre 2014 - 328 pages

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