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UN RASTIGNAC QUI A LA GNAQUE

Publié le par Bob

UN RASTIGNAC QUI A LA GNAQUE

Je cherchais un Dortmunder et je suis tombé sur « Un loup chasse l’autre », sorti en 64 dans la Série noire sous le numéro 838 (c’est que j’ai des références moi, madame...). C’est mon second Westlake après le beaucoup plus récent « Smoke » (lien) qui m’avait mis le pied à l’étrier. Là, c’est un Westlake mais pas celui qui déconne. Il en a fait une centaine, fallait bien qu’il quitte son nez de clown.

Paul va suivre un stage en alternance (on n’a rien inventé, les gars) à la Fédération syndicale américaine des Ouvriers Qualifiés. Son tuteur, Walter Killy (« Killy » est le titre original) va rapidement l’embringuer sur une affaire dans le trou paumé de Wittburg. Dès leur arrivée, un meurtre est perpétré. Et puis un autre. Ca sent le faisandé ce machin. Paul va déployer toute son énergie et sa perspicacité pour tenter de sortir de ce pétrin.

La Fédération a reçu un courrier d’un certain Hamilton, bossant dans la seule usine du coin, qui envisage de monter une section. Killy ne se fait pas prier pour lui répondre favorablement et amène dans ses valises son stagiaire. Cette usine de godasses, Mc Intyre et Cie, gérée par le ponte des lieux, Môssieur Mc Intyre, fait vivre directement et indirectement toute la ville. Tu imagines bien qu’ils ne vont pas être reçus avec des fleurs. Il semble même qu’ils soient attendus. De cette situation conflictuelle, qui va rapidement basculer en cauchemar, l’auteur s’emploie à te faire participer aux différentes exactions de ses personnages. Tu vas naviguer sans radar dans le déroulement de cette histoire où tu vas être, comme Paul, incapable de piger pourquoi il est impliqué dans ce merdier. Puis, en le suivant au gré de ses aléas, tu vas te prendre pour un caïd et te dire que tu as percé à jour la vérité. Mais Paul a du répondant, c’est un sacré bonhomme qui a des facultés étonnantes pour te faire prendre un Killy pour un champion de ski (là, j’exagère...). Je te conseille la fin où tout ce que tu croyais savoir est définitivement remis en question et ... pas qu’une fois.

Westlake ne te laissera jamais fréquenter son histoire sans te décrire les lieux, sans affiner les caractères de ses personnages. Tu dois te sentir en confiance, pleinement investi dans un cadre bien précis. Comme à la maison. L’humour est tapi dans les situations cocasses. Un Killy revanchard, Paul et ses motivations, des flics aussi stupides qu’un âne qui recule avec une carotte dans le fion, un Fletcher (pas le copain de Killy) inébranlable, Alice, la nymphomane qui se soigne et Georges, l’observateur avisé. C’est une galerie de portraits que Westlake te balance à la face. Tu vas apprendre à les connaître.

Quand un syndicat, qui est supposé défendre les employés de l’arbitraire, se trouve confronté à l’arbitraire de certains de ses membres, ça fait vilain dans le paysage. Quand un mec veut piquer sa place à un mec qui voulait piquer sa place à un autre, c’est pas simple. Toutefois, l’arrivisme n’a pas fini de faire des dégâts.

Peut-être pas le Westlake indispensable mais faut parfois lire entre les lignes mon gars. J’ai bien aimé quand même.

Note : 3,5/5

Mention : Qui a dit « Syndicat, caca » ?

« Un loup chasse l’autre » Titre original : Killy ; Poche Folio ; Date de parution : 11/02/1988 ; Editeur : Gallimard - 1964 ; Traduction : Antoine Béguin ; 256 pages

Donald Edwin Westlake est un écrivain prolifique et éclectique, il a écrit plus d'une centaine de livres, approchant bon nombre des genres de la littérature policière que ce soit le polar humoristique (son genre de prédilection), le roman policier, le roman noir, le thriller, le fantastique ou même la science-fiction. Il a écrit sous divers pseudonymes, en particulier ceux de Richard Stark et Tucker Coe. Spécialiste du roman de « casse », ses deux personnages préférés et récurrents sont John Dortmunder, cambrioleur professionnel aux aventures rocambolesques poursuivi par la poisse et Parker (sous le pseudonyme de Richard Stark), jumeau sérieux de Dortmunder, un cambrioleur froid, cynique et efficace. Il a remporté par trois fois le Edgar Award, et a été désigné en 1993 Grand Master de l'association Mystery Writers of America. Décédé en 2008. (Piqué chez Wikipedia car pas trouvé autre chose)

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Bob 13/09/2014 18:53

Salut Pascal, les gamins devraient s'envoyer du San A, ça leur filerait un peu de plomb dans le cervelet... Merci de me foutre la trouille, j'ai cru à une descente de Valls. J'en ai les Vallseuses ratatinées.

colombani 13/09/2014 10:45

Je n'étais jamais allé sur ton blog. Bonjour, Police !
Vous avez les papiers du véhicules ? (j'aimerai avoir le droit une fois dans ma vie de dire un truc comme ça). J'ai noté que tu citais Sana ?... Elle est manucurée la patte de l'alligator femelle.