Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

BANG BANG HE SHOT YOU DOWN

Publié le par Bob

BANG BANG HE SHOT YOU DOWN

Tu sais quoi, hein, tu sais quoi, j’ai réussi à pénétrer dans le cerveau d’un putain de tueur à gages ! Ouais, et ça fourmille là-dedans, on dirait pas. On se dit que le type doit avoir un petit pois dans la caboche, qu’il sort son arme comme il va pisser, qu’il tire et basta. Erreur Mister ! Y’a des experts du trépas de luxe, des chercheurs en dézingage, des esthètes de la pensée assassine.

« On commence par plaindre les assassins et on finit par les envier et par un enchaînement fatal on se découvre en train de s'apitoyer sur les victimes. » (André Frossard).

C’est l’histoire de Calum MacLean, un jeune homme austère, lisse, méthodique et bossant uniquement en free-lance. Comme qui dirait un bonze mais qui tue. Sa cible se nomme... hum... je te laisse deviner... hum... oui, tu suis, c’est bien... Lewis Winter, dealer de bas-quartier récemment branché par un caïd qui fait du flouze dans la bagnole volée. Jamieson et Young ont le leadership sur le marché de la dope, ça leur file le bourdon, ils convoquent Calum car son tuteur, Mac Leod, le vétéran, est out.

On est à Glasgow et il parait que ça manœuvre pas mal dans le commerce illégal par là-bas. Forcément, y’a toujours un mec pour en flinguer un autre. Logique. Alors tu vas te caler dans les pas du héros et En avant Guingamp (je n’ai aucune manne issue de ce club de foot, je te le dis tout net. J’aurai pu choisir C’est parti mon kiki ou En voiture Simone mais faut pas trop déconner non plus).Tu vas découvrir Zara, la fiancée de Winter, un Vésuve sur patte, qui est loin d’être une potiche, tu verras. Faudra compter avec elle. Elle était bien sur la scène du crime avec un autre type, un jeunot. Le flic véreux n’en tirera rien et elle va proprement humilier son collègue enquêteur qui s’acharne sur elle à défaut de chercher le coupable. On l’aime bien notre Calum, on s’inquiète sur son devenir, il nous a trop séduit. Bien sûr, on veut rapidos aller au bout grâce à l’auteur qui est suffisamment pendard pour nous refiler la recette avec tous les ingrédients et nous servir sur nappe noire un plat fumant. Bang bang ! Y’a plus qu’à déguster - Winter lui aussi a bien dégusté et c’était un peu trop épicé, ça lui a irrité la gorge. « Et si Calum, malgré l’extrême minutie dans ses préparatifs et son perfectionnisme, courait un grand danger ? » me susurre un lecteur aux sourcils épais et froncés. Je lui rétorque : « Allons, allons, que dalle, il est transparent le gazier, c’est l’homme invisible. » Et lui de lâcher : « Tu en as trop dit Bob ! » « Je vais te dire, somme toute, y’a pas mort d’homme, tu vois. » dis-je pour conclure en laissant planer un doute.

Malcolm Mackay te permet de t’immiscer dans les pensées de certains personnages clefs. C’est ici sa marque de fabrique. Et tu peux pas savoir ce que c’est jouissif d’écouter ce qu’ils envisagent, préméditent, craignent ou subodorent. Une imprégnation totale dans les futurs faits et gestes qui te fait basculer de la fiction au réel. C’est cynique, c’est cocasse, c’est hot ! (message discret à Sébastien). Pourquoi te le cacher désormais, je vais tous me les faire les Mackay.

Mention : Le cynisme, c’est mon petit péché mignon - depuis tout petit - et là j’ai eu ma dose. Faut pas passer à côté des bonnes choses et Mackay m’a régalé.

« Il faut tuer Lewis Winter » Trilogie de Glasgow 1, Le Livre de Poche, 312 pages, date de parution: 29/01/2014. Editeur d'origine: Liana Levi (Parution 03-01-2013), traduit de l’anglais par Fanchita Gonzalez Batlle.

Malcolm Mackay est né et a grandi à Stornoway, dans les îles Hébrides, en Écosse, et c’est là qu’il écrit ses romans. Il faut tuer Lewis Winter, paru en janvier 2013, a été choisi par le magazine Lire parmi les dix meilleurs polars de l’année.

Commenter cet article