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POUPEES DE SON

Publié le par Bob

POUPEES DE SON

Chroniquer « La chambre des morts » aujourd’hui, juste après avoir atteint des sommets de lecture avec des Lamar, Ellroy, Peace ou Crews, me pose problème. J’avais adoré ce bouquin qui m’avait chopé par les cojones alors que je débutais ma « carrière de lecteur de polars ». Je m’étais laissé séduire sans chercher autre chose que le désir de me laisser embarquer dans ce thriller. Oui mais voila, le gabarit n’est plus le même, les données ont changé. Je l’ai lu à nouveau, en diagonale.

Deux jeunes explosent un mec la nuit avec leur bagnole dans un champ d’éoliennes. La poisse. Sacré poisse ? Pas tant que ça car le mort trimballait un sac avec un paquet de biftons. Un tiens (trésor) vaut mieux que deux tu l’auras (dans l’os ?). Ils se cassent avec. Mais le méchant veut récupérer son bien. Il est très méchant, le méchant. Pas de bol, c’est la « Bête ». Vigo et Sylvain sont in the caca. Un sacré bocson. Et puis, il y a cette fillette assassinée. Le lieutenant Norman et Lucie entrent en scène...

Tout d’abord, il y a la méthode d’introduction. Deux pages qui te jettent dans un malaise profond. On devine qu’il s’agit de la fin du roman avec une fillette apeurée enfermée gisant sur une couche dans une atmosphère de puanteur extrême. Puis suivent quatre pages qui relatent le début de l’histoire avec Vigo et Sylvain en vadrouille. Encore quatre pages, où l’on retrouve Mélodie, la fillette, avec la Bête - dans la chambre des morts ? On peut le supposer. Et puis « La 306 stoppa sa course dans une déchirure de gomme. » En voiture ... Ces deux personnages sont parfaitement ancrés dans notre réalité (pas forcément la mienne, désolé, mais pour moi le département du Nord c’est la Norvège ...), informaticiens au chomdu se livrant à une vengeance nocturne contre leur ancien employeur. Mais une tension est palpable entre ces deux amis. Les personnages n’en deviennent que plus tangibles lorsqu’ils opposent leur point de vue : Faut-il aller plus loin ? C’est ici, assez tôt, que l’étau se resserre, l’auteur nous tient entre ses mâchoires d’acier car nous savons déjà que « La Bête » est en action. Thilliez agrémente son intrigue en introduisant un vétérinaire chelou (Hou, les loups !) et un duo de flics avec un portrait de Lucie Hennebelle particulièrement brossé par l’auteur - on la retrouvera dans de prochains bouquins. Tout cela est pas mal fichu, on navigue entre le réel et l’imaginaire avant de mettre pied à terre pour assister à la rencontre de ces deux mondes, pour découvrir le véritable dessein de la « Bête » ainsi que la folie latente et inattendue de certains protagonistes. C’est un thriller « pur et dur », l’auteur touche sa cible. Et alors ? « Et alors, c’est un thriller comme sont les thrillers. » me répondrait un ami mal luné qui ne se contente pas de suspense, d’action, d’indices, de macchabées et de petite fille en pleurs. Aurait-il raison le bougre ?

Note : 2/5

Mention : Certainement l’un de ses meilleurs romans. (suite à des insomnies causées par des remords injustifiés, j'ajoute 0.5 à la note : 2.5)

Titre : La chambre des morts. Date de parution : 2005 (Le Passage) 2006 Pocket

Franck THILLIEZ : Né en 1973 à Annecy, Franck Thilliez vit actuellement dans le Pas-de-Calais. La Chambre des morts, adaptée au cinéma en 2007, a reçu le prix des lecteurs Quais du Polar et le prix SNCF du polar français. L'ensemble de ses titres, salués par la critique, se sont classés à leur sortie dans la liste des meilleures ventes.

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