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FATALE QUITO

Publié le par Bob

FATALE QUITO

Marre des amerloques, des scandinaves, il fallait que j’aille prendre de la hauteur (1m67 au garrot) du côté des Andes. Les éditions Ombres Noires ont eu la bonne idée de dévirginiser l’Equateur en offrant aux lecteurs français ce polar « Mourir, la belle affaire ».

Un accident. Le véhicule qui fonçait et qui a défoncé l’autre bagnole se barre. Ni vu, ni connu. A part la marque du véhicule et la couleur. La survivante fait une promesse au flic, Heriberto Gonzaga, qui débarque sur les lieux. Pas d’enquête, la police est débordée ou n’en a rien à foutre. Le même flic la retrouve morte bien plus tard. Il a des remords et veut en savoir plus et s’aperçoit que le dossier de l’affaire a été falsifié.

Noriega raconte Quito, avec un narrateur, Arturo Fernandez, médecin-légiste qui « recueille » les morts et leurs familles, cette ville qui a tous les défauts possibles et imaginables - climat exécrable, violence endémique - pour qu’on la déteste. Mais l’auteur la décrit aussi en promenant son regard attendrit vers ses églises, ses squares, ses rues. Tout comme ses millions d’habitants, il s’accroche à Quito l’Organique. Et c’est dans ce contexte que se perpétue les meurtres par les bandes organisées, que la nuit tombée est symbole d’effroi et de Mort. A cela s’ajoute une police forcément corrompue et coutumière des vices de la cité. Ainsi, l’inspecteur Gonzaga va tutoyer le Mal et s’engager, lui aussi, dans un combat perdu d’avance. Noriega avec son style habile et convaincant parvient à nous dresser un constat affligeant de sa ville et de ses habitants vaincus par le fatalisme.

Note : 3/5

Mention : Ce polar latino sur les flancs du volcan Guagua Pichincha est un terrible enchantement.

Titre : « Mourir, la belle affaire » 2013 Ombres Noires Traduit de l’espagnol (Equateur) par Nathalie Lalisse-Delcourt 256 pages

Alfredo Noriega est né en 1962. Il vit à Paris depuis 1985, où il donne des cours d’espagnol et de théâtre dans une école de commerce. En Espagne, il a publié plusieurs manuels de langue. Il écrit de la poésie et est l’auteur de plusieurs romans dont « De que nada se sabe » adapté au cinéma en Équateur.

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